Et un merci énorme a mon suppléant @prematc pour son soutien continu. Enfin un autre meeting de campagne ensemble! #legislatives2012
Réforme des retraites : Woerth fait le docteur pédago au Sénat…
Malgré une journée très agitée dans un hémicycle chauffé à blanc, les députés ont finalement adopté mercredi le projet de loi sur les retraites. Le texte prend maintenant le chemin du Sénat. Et c’est un Eric Woerth pédagogue qui a été auditionné jeudi matin par la commission des affaires sociales.
Mission pédagogie pour Eric Woerth au Sénat jeudi matin. Car la journée très agitée de la veille à l’Assemblée nationale n’aura pas eu les effets escomptés. Malgré les demandes de démission de Bernard Accoyer accusé de « forfaiture » pour avoir arrêté la séance – marathon, les débats houleux et le retour des députés parés de leurs écharpes tricolores, l’Assemblée a pourtant bien adopté le texte portant réforme du régime des retraites. Place désormais au Sénat, qui examinera dès le 27 septembre le projet de loi en commission des Affaires sociales avant les débats publics prévus le 5 octobre.
Accompagné du secrétaire d’Etat à la fonction publique Georges Tronc, Eric Woerth s’est prêté au jeu des questions/réponses pendant 90 minutes avec les sénateurs de la Commission des affaires sociales. Une séance d’explication de texte, pour résumer les débats de la veille, les enjeux de la loi, mais aussi et surtout convaincre.
L’audition a commencé par un discours de trente minutes d’Eric Woerth. Le ministre du travail a d’abord défendu le système de répartition de la retraite, véritable « patrimoine social de la nation » qui assure une solidarité entre les générations. Mais rapidement, il rappelle le problème fondamental : « Ce système est financé à crédit ». D’ailleurs, poursuit-il, « Personne n’a remis en cause l’idée de réformer le système ». Et réaffirme la pertinence de son projet : « La réforme du gouvernement propose des solutions durables, justes et efficaces ».
Sur le travail des femmes, Eric Woerth affirme qu’au-delà de la question du départ à la retraite, c’est la différence de salaires avec les hommes à compétences égales qui constitue le véritable « scandale ». Pour y remédier, il souhaite la signature « d’accords d’entreprises ou de branches ». Si ceux-ci ne sont pas respectés, il envisage une pénalité de 1% de la masse salariale pour les entreprises récalcitrantes. Pourtant, il explique que le « paysage que l’on décrivait n’était pas toujours la réalité ».
Autre point crucial de la réforme : la pénibilité du travail. Le ministre explique qu’au lendemain de l’examen de la loi à l’Assemblée, le chiffre des personnes concernées par la pénibilité a augmenté, passant de 10.000 à 30.000 par an. Des dispositifs ont été élargis comme pour les agriculteurs. Plus de 90.000 personnes sont en outre concernées par les « carrières longues », c’est-à-dire les personnes qui ont commencé tôt leur carrière. Avec les régimes spéciaux, ce sont environ 140.000 personnes qui continueront de partir à l’âge de 60 ans.
Eric Woerth défend ensuite la médecine du travail qui, argumente-t-il, n’est pas à la botte du MEDEF, comme l’ont dénoncé les opposants du ministre. « On nous a accusé de vouloir tuer la médecine, elle en sort au contraire confortée » assure-t-il. Avant de poursuivre : « La meilleure façon de lutter contre la pénibilité est la prévention ». Les missions de la médecine du travail vont ainsi être élargies dans la réforme des retraites.
Sur les polypensionnés qui sont les personnes ayant cotisé dans plusieurs régimes de retraite tout au long de leur carrière, Eric Woerth résume : « Avec Georges Tron, on a conclu que ce n’était pas si simple ». Pour le ministre du travail, beaucoup de personnes ont intérêt à demeurer polypensionnés et notamment les personnes aux faibles revenus. Après son discours, Georges Tron a enchaîné, résumant d’un trait sa démarche et celle de son ministre de tutelle de « pragmatique et loin de tout dogmatisme ». Manière de se faire le porte-voix de Nicolas Sarkozy, qui a assuré mercredi aux sénateurs UMP, qu’il « restait un peu de marge » pour amender le projet de loi sur la pénibilité, notamment.

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