Une semaine (très) politique

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François Vignal
Le 29.10.2010 à 18:08
Décès de Frêche, la réforme des retraites adoptée par le Parlement après 200 heures de débat, un ministre renforcé (ou pas), des ordinateurs portables volés, un juge dessaisi, une mobilisation en baisse… Retour sur la semaine politique.

Si vous étiez sur une autre planète ou simplement tombé en panne d’essence, voici un petit cours de rattrapage de cette semaine politique.

Lundi. Après du sang et des larmes au Sénat et à l’Assemblée, sénateurs et députés accordent leurs violons sur le texte de la réforme des retraites. C’est ce qu’on appelle la CMP, la commission mixte paritaire. A la sortie de la CMP, les élus ne sont pas encore HS, mais pas loin, après trois semaines et 140 heures de débat au Sénat.

Et la grève, les pénuries d’essence, ça coûte cher ou pas ? Selon la ministre de l’Economie Christine Lagarde, « entre 200 et 400 millions d'euros par jour ». Les économistes, eux, divergent. Si l’économie était une science exacte aux conclusions unanimes, ça se saurait. Et ce serait plus simple.

« Faux-culs »

R.I.P. George Frêche. Le baron du Languedoc-Roussillon est mort d’une crise cardiaque dimanche soir. Certains y vont de leurs jeux de mots, sur cette personnalité décriée : « Frêche exclu pour toujours », titre Libération. Ou encore « Frêche passe l’arme à gauche. Pour une fois ». Des hommages aussi. « Des faux-culs », selon le sénateur UMP Raymond Couderc, son adversaire aux dernières régionales.

Mardi. C’est officiel, le Sénat adopte la réforme des retraites. Adoption des conclusions de la CMP et vote de l’ensemble du texte. Une simple formalité… qui ne passe pas sans un ultime moment de tension. La gauche, qui s’est battue depuis le début, lance sa dernière arme législative : la saisie du Conseil constitutionnel.

Eric Woerth peut enfin sourire. Pas pour longtemps. Dans l’affaire Bettencourt, le procureur de Nanterre Philippe Courroye va être dessaisi. Un juge d’instruction indépendant nommé. Courroye était notamment en charge du volet politique de l’affaire, celui qui concerne le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et le ministre du Travail, en tant qu’ex-trésorier de l’UMP. « Une bonne chose », selon Charles Pasqua. L’affaire n’est « pas politique », assure MAM.

Les affaires de Guillaume Sarkozy

A l’assemblée nationale, un député communiste prend le relais des sénateurs de gauche sur la question de l’épargne retraite. Un article de la réforme des retraites vise à la développer. La gauche crie à l’arrivée d’un régime par capitalisation. Qui ferait les affaires d’un certain Guillaume Sarkozy.

Sur le front syndical, François Chérèque, patron de la CFDT, propose à Laurence Parisot, patronne des patrons, une « négociation sur l’emploi des jeunes et des seniors ». Ce que la présidente du Medef accepte en direct sur France 2. Un « coup de com’ », selon Bernard Devy, Monsieur retraites à FO.

Mercredi. Après le Sénat, l’Assemblée nationale vote solennellement la réforme des retraites.  Déjà, certains – et lui le premier – verraient bien Eric Woerth rester au gouvernement, malgré ses ennuis. Nadine Morano, elle, veut la place de Xavier Bertrand à l’UMP. Tout en gardant sa place de ministre, il n’y a pas de raison. Copé appréciera.

Magique

Magique. Les ordinateurs de journalistes disparaissent comme par enchantement. Après Le Monde et Le Point, Mediapart annonce avoir été victime d’un vol. Point commun : il s’agit à chaque fois de journalistes enquêtant sur l’affaire Woerth/Bettencourt. Le hasard fait bien les choses parfois.

On apprend que Raymond Soubie, futur ex-conseiller social (et donc retraites) de Nicolas Sarkozy, va s’installer au Conseil économique et social. Anciens ministres, anciens dirigeants syndicaux, anciens conseillers… le conseil prend des allures de chambre des ex.

Pendant ce temps là, en banlieue, pas grand-chose n’a changé. On fête le triste anniversaire de la crise des banlieues. 5 ans. Le sujet « n’est pas une priorité nationale », selon Ali Soumaré.

Jeudi. Nouvelle journée de manifestation. La septième depuis septembre. Si la réforme est votée par le Parlement, les syndicats maintiennent la pression. Mais la mobilisation est à la baisse. Les leaders de gauche sont toujours dans les cortèges. Cécile Duflot demande à Sarkozy un « geste d’apaisement ».

Le conflit « va laisser des traces »

Au Sénat, la commission des finances réfléchit à une nouvelle taxe. Ou plutôt à un élargissement de la redevance à tous les récepteurs de télévision : ordinateurs équipées de carte télé et portables dernière génération, type iPhone.

Mini polémique avec la venue de Jean-Marie Le Pen au CFJ, l’école de journalisme. Les étudiants sont servis : le leader du FN fait du Le Pen, comme à son habitude, à coup de provocations limites.

Vendredi. Lendemain de manif’. Bientôt de mouvement ? Le conflit « va laisser des traces », prévient Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Pour Chérèque, la promulgation de la loi « conduira à d’autres formes d’action ». Si le gouvernement n’a pas reculé sur le cœur de la réforme « les petites améliorations apportées » sur l'invalidité, les handicapés, les mères de familles ou les victimes de l'amiante « ne seraient jamais intervenues sans notre mobilisation », (se r)assure-t-il.

A Bruxelles, Nicolas Sarkozy le dit : « Les inquiétudes, souvent légitimes, ont été entendues » sur les retraites. Son avion, « le Air Sarko one », arrive bientôt. Après La Nouvelle Calédonie, le nouvel A 330 présidentiel fait escale à Tahiti. Pourquoi ? Mystère. Va-t-il arriver en France avant la semaine prochaine ?

La semaine a commencé et se termine par Frêche. A peine parti, que déjà deux proches de François Hollande demandent le retour des 58 frêchistes exclus du PS lors des régionales. Les enterrements ont parfois cet avantage : rassembler les familles divisées.

C’est tout pour cette fois. La semaine prochaine sera… un autre jour.

 

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