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35h, TVA sociale, taxe sur les transactions financières : le pari de Sarkozy
Il est dans les cordes. Mais ne lâche pas. Nicolas Sarkozy, pas encore tout à fait candidat officiel, toujours Président, a multiplié les annonces dimanche soir à la télévision à moins de trois mois du premier tour de la présidentielle.
« J’ai rendez-vous avec les Français »
Interrogé sur sa candidature, il a avoué du bout des lèvres qu’il devrait, sans surprise, se présenter de nouveau. « J’ai rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas. Et franchement, ça approche », a affirmé le chef de l’Etat, se disant « très déterminé ». Il ajoute : « Il y a une date limite (pour les candidatures). C’est le 16 mars. (…) Peut-être que ce serait mon intérêt (de me déclarer) mais ça ne serait pas conforme à mon devoir ». Non, car Nicolas Sarkozy a décidé d’être Président « jusqu’au bout ». « Ce n’est pas l’agitation qui me fera changer ».
Pour répondre à l’enjeu de l’emploi – 150.000 chômeurs en plus en 2011 – Nicolas Sarkozy a annoncé, sans surprise, l’instauration d’une TVA sociale, sans utiliser le terme. Le taux normal de TVA augmentera au 1er octobre de 1,6 point, passant de 19,6% à 21,2%, et la CSG sur les revenus financiers sera relevée de deux points, afin de compenser 13 milliards d'euros de baisses de charges familiales patronales. Les entreprises bénéficieront d'une exonération totale sur les salaires compris entre 1,6 et 2,1 fois le Smic. Ils seront ensuite dégressifs et s’arrêteront au-delà de 2,4 Smic. Les charges salariales, elles, ne baisseront pas. Au final il s’agit bien d’une hausse d’impôt. Or Nicolas Sarkozy a de nouveau affirmé qu’il ne comptait pas les augmenter…
Exemple de l’Allemagne
Prenant exemple sur l’Allemagne, le Président entend « alléger le coût du travail » pour « qu’on produise en France ». Pour mieux illustrer son volontarisme, il lance : « Je ne serai pas M. Jospin, face à Vilvoord : « on n’y peut rien » ». Alors que la marque de lingerie Lejaby est menacée de fermeture, il l’assure : « Je ne les laisserai pas tomber ». C’est déjà ce qu’avait dit en substance Nicolas Sarkozy aux ouvriers de Gandrange, sans pour autant sauver l’aciérie.
Le chef de l’Etat a aussi annoncé la création dès février, avec une dotation d'1 milliard d'euros de fonds propres, d'« une banque de l'industrie », filiale d'Oséo. Objectif : permettre aux PME d’emprunter plus facilement. Les syndicats seront associés aux choix de la future banque de l'industrie.
Tourner la page des 35h
Troisième annonce faite par Nicolas Sarkozy : demander aux partenaires sociaux d’ouvrir des négociations pour aboutir à des accords compétitivité-emploi « dans les deux mois ». Il s’agira d’accords d’entreprises et non de branches. A la question de savoir si c'était une façon de tourner la page des 35 heures, Nicolas Sarkozy a répondu : « Exact ». Ces accords pourront permettre de « décider d'un délai de travail, pour décider de privilégier l'emploi sur le salaire ou le salaire sur l'emploi ». En clair, par exemple, travailler plus longtemps (37h) sera possible, comme des baisses de salaires en cas difficultés pour une entreprise.
Autre mesure phare : l’instauration d’une taxe sur les transactions financières de « 0,1% », applicable « au mois d'août ». Estimation des recettes annuelle : 1 milliard d'euros. Là encore, ce n’est pas une surprise. « Toute entreprise cotée en France, même si on l'achète à New York, paiera une taxe de 0,1%, les CDS (credit default swaps, ndlr), qui sont des instruments spéculatifs sur la dette souveraine, paieront une taxe, et les achats spéculatifs par ordinateur paieront une taxe », a-t-il expliqué.
Augmenter le nombre de logements
« Cela aura l'avantage suivant: cela va donner un travail formidable à l'industrie du logement. Ce ne sont pas des emplois délocalisables », a assuré le chef de l'Etat. « Deuxièmement, cela va augmenter considérablement le nombre de logements, donc cela fera pression sur les prix ». Concrètement, « vous avez un pavillon en banlieue, et en grande banlieue, vous aurez le droit de construire 30% de plus sur ce pavillon », a-t-il détaillé. « Vous êtes une collectivité, vous avez un terrain où il y a 1.000 m2 de droit à construire, et bien vous aurez le droit de construire 1.300 m2 ».
Quant aux collectivités, Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité pour l'Etat de « moduler » ses dotations aux collectivités territoriales, gérées en majorité par la gauche, en les appelant à « un effort de discipline » budgétaire.
Il souhaite aussi renforcer l’apprentissage. Les entreprises de plus de 250 salariés devront avoir au moins 5% de jeunes en apprentissage ou en alternance. Les sanctions seront doublées.
« Les ravages de l’arrogance »
Tout au long de son entretien, Nicolas Sarkozy s’en est pris à plusieurs reprises aux propositions de François Hollande. Celle sur le logement consistant à donner des terrains de l’Etat aux collectivités ? « Une drôle d’idée qui consiste à ruiner l’Etat ». Ou celle d’encadrer les loyers : « Plus personnes ne louera et plus personne ne construira ». Revenir à la retraite à 60 ans ? « Une folie », « un mensonge »…
Allusion au climat parfois violent de la campagne, il a affirmé que « quand on se met au niveau du caniveau, personne n’a à y gagner ». Et si les sondages sont mauvais pour lui et bon pour Hollande, il souligne « les ravages de l’arrogance »… Dans un début d’autocritique, il a reconnu ne pas avoir tout réussi et avoir des regrets, après ces 5 ans passés à l’Elysée. « C’est passé à la vitesse de la lumière et en même temps c’est lourd ». Pourtant, il en redemanderait bien encore un peu.





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