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Aubry va-t-elle vraiment lâcher la tête du PS ?

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François Vignal
Le 27.06.2012 à 19:24
Aubry va-t-elle vraiment lâcher la tête du PS ?
© AFP
Martine Aubry quittera la tête du PS «si toutes les conditions sont respectées ». Laissant planer le doute, certains socialistes la voient rester à Solférino. Mais après le «recasage des siens» au gouvernement, d’autres n’y croient pas et y voient «une façon de peser» jusqu'au congrès.

Et si elle restait ? Dans quatre mois, le Parti socialiste tiendra son congrès fin octobre à Toulouse. La première secrétaire Martine Aubry a déjà dit qu’elle laissera la place. Le numéro 2 du parti Harlem Désir est sur les rangs. Tout comme Jean-Christophe Cambadélis, qui a proposé au premier un binôme, et le sénateur Gaëtan Gorce, qui souhaite une co-direction avec Juliette Méadel, conseillère municipale à Paris. Quant au président du groupe PS du Sénat, François Rebsamen, dont le nom a été cité, il dément toute velléité d’y aller.

Mais régulièrement, l’hypothèse d’une Martine Aubry qui rempile pour un tour revient. Ses propres déclarations, fin mai, sur RMC, ont semé le doute. La maire de Lille expliquait qu’elle quitterait la direction de Solférino «si toutes les conditions (étaient) réunies». La semaine dernière, elle semblait esquisser un début de feuille de route, lors du conseil national du parti, comme le relevait Le Monde : « Tant qu'il n'y aura pas de parité totale, je considérerai que je n'ai pas réussi, et le non-cumul des mandats, je le ferai respecter ».

Ce mercredi, c’est un article du Figaro qui relance les spéculations. « Après Martine ? Ce sera Martine ! », lance ainsi le vice-président du groupe PS de l’Assemblée, Philippe Martin, un proche de Laurent Fabius. « Elle va se représenter, car sinon, comment pèsera-t-elle? Quand vous quittez la scène, vous êtes vite oublié », note un autre élu interrogé par le quotidien.

« Elle peut changer d’avis sur pression des uns et des autres »

D’autres ont plus de doutes. « Je n’y crois pas. Martine Aubry est une femme d’engagement. Elle n’est pas dans une perspective de ce type », pense Razzy Hammadi, nouveau député PS, proche de Benoît Hamon. Par ailleurs, plusieurs signes ne plaident pas dans le sens d’une nouvelle candidature au poste de premier secrétaire. « Elle a laissé partir Lebranchu et Lamy au gouvernement, ainsi que son propre directeur de cabinet, Jean-Marc Germain, devenu député. C’est une opération de recasage des siens. Ça ne donne pas le sentiment de préparer un nouveau départ », note un député socialiste proche de Jean-Marc Ayrault. Christophe Caresche, député de Paris proche de Delanoë, « la croit assez sincère quand elle dit qu’elle veut quitter la direction ». « Je ne pense pas qu’il y ait de la duplicité chez elle », ajoute un autre élu PS.

Mais en politique, rien n’est à exclure. « Elle peut changer d’avis sur pression des uns et des autres », reconnaît ce député proche du premier ministre. « Elle veut quitter la direction, mais pas à n’importe quelle condition », rappelle Christophe Caresche, « si elle n’arrive pas à mettre le bon dispositif en place, peut-être effectivement qu’elle voudra continuer ». Si Martine Aubry laisse planer un certain doute, c’est aussi, et peut-être surtout, « une façon de peser jusqu’à la fin du débat interne », pense ce député bien informé. Histoire de rappeler que c’est encore elle la patronne. Encore un peu. Avant un autre avenir ? Certains la verraient jouer un rôle comme son père : au-dessus de la mêlée pour « être la Delors d’aujourd’hui »…