Budget : « Ce sont les ouvriers » qui vont « payer la note »

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Public Sénat
Le 05.07.2012 à 09:40

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Invité ce matin de Public Sénat et Radio classique, Christian Jacob a dit tout le bien qu’il pensait de la politique budgétaire et fiscale du gouvernement. Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale s’exprime également au sujet de sa famille politique.

Des plans sociaux cachés ? Pour Christian Jacob « cela n’a aucun sens ». Le député UMP ajoute « est-ce que vous imaginez qu’un chef d’entreprise attend un coup de téléphone du Président de la République (…) pour déclencher un plan social ? Les plans sociaux ne sont pas cachés, on n’est pas dans une économie administrée. C’est vraiment avoir une vision de l’économie totalement décalée et archaïque d’imaginer cela. »

Le président de groupe s’attaque ensuite à la politique budgétaire du gouvernement. Selon la lecture de Christian Jacob, ce sont « les ouvriers » qui vont être les plus touchés : « Jean-Marc Ayrault applique une vraie politique de gauche, c'est-à-dire taxer, taxer, taxer toujours d’avantage les familles et les entreprises, augmenter les dépenses publiques. C’est contre l’économie, contre l’entreprise, contre les ouvriers. (…) Quand il supprime les heures supplémentaires, quand il augmente les cotisations vieillesse de 7%, qui est-ce qui va payer la note ? (…) Ce sont les ouvriers, ce sont les salariés ».

Pour ce proche de Jean-François Copé, l’orientation du gouvernement est singulière, et il trouve cela inquiétant. « Aujourd’hui, est-ce qu’il y a un pays au monde qui organise la relance en augmentant le coût du travail et en baissant le pouvoir d’achat des salariés ? Il faut vraiment être socialistes français, s’appeler François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour imaginer cela. (…) On va être le seul pays au monde à décréter que dans un pays en crise, il faut avancer l’âge de la retraite. Il n’y a pas un autre exemple, on va être les seuls à faire cela ».

L’élu de droit reproche ensuite au gouvernement un déséquilibre dans ses finances. « La Cour des comptes incite à aller dans la continuité et trouver un équilibre dépenses-recettes » rappelle-t-il, « or là les premières propositions qui sont faites, c’est que pour 1 milliard d’euros de réduction de dépenses, c’est 7 milliards et demi d’augmentation des recettes. L’augmentation des recettes, c’est le terme pudique pour dire impôts ».

Alors que la Cour des comptes recommande une diminution des effectifs de la fonction publique, le président de groupe veut lancer un avertissement : « ce que je pense, c’est qu’il va y avoir un réveil très douloureux pour les Français. Ils [le gouvernement] nous disent qu’ils ne vont pas toucher au nombre de fonctionnaires. Cela se traduit très concrètement par une baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires. »

Christian Jacob a ensuite réagi à la confirmation par le gouvernement de sa volonté de taxer à 75% les revenus dépassant les 1 million d’euros par an. « On est dans la caricature » estime l’élu UMP qui insiste : « cet impôt est totalement irresponsable, parce que si on ajoute la réévaluation de l’ISF, si on ajoute la CSG, le CRDS, on va être à 85, 90%, et pourquoi pas 100% ! Cela ferait plaisir à Mélenchon. »

Après deux défaites électorales qui ont affaibli l’UMP, le président de groupe a tenu à rappeler sa détermination à jouer un rôle « d’opposition unie et déterminée. On a trompé les Français pendant cette campagne avec des annonces démagogiques, maintenant c’est l’épreuve de vérité. On n’a pas l’intention de baisser la tête gentiment ».

Enfin, le député a clairement exprimé son soutien à Jean-François Copé pour diriger l’UMP : « il a cette capacité d’initiative, et puis il a aussi le tempérament ».