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Copé, Bertrand, Devedjian… Sarkozy fait face à une majorité sous tension
Nicolas Sarkozy, qui fait face à une rentrée très sensible avec des manifestations contre sa politique de sécurité et la réforme des retraites, doit aussi composer avec une majorité fiévreuse où les tirs croisés se multiplient entre ses principaux responsables.
Le patron de l'UMP Xavier Bertrand a été l'une des victimes de ces échanges d'amabilités. Son rival Jean-François Copé a décoché les premières flèches en estimant que le parti présidentiel manquait de « pugnacité et de rassemblement ». Cette déclaration le jour même de l'université d'été du parti a mis en rogne Xavier Bertrand qui a renvoyé le député de Seine-et-Marne dans le camp des « diviseurs », le qualifiant de « sniper ».
Les « quatre mousquetaires »
Jean-François Copé a récidivé en s'alliant avec trois chiraquiens, le député Christian Jacob, le ministre du budget François Baroin et celui de l'Agriculture Bruno Le Maire, pour réclamer une « UMP redynamisée ». Pour ce faire, il a ouvertement proposé d'en prendre les rênes. Pour ces « quatre mousquetaires », le parti présidentiel est aujourd'hui atone alors qu'il gagnerait à « faire preuve d'audace » et à accepter « le débat ». Pour remporter 2012, ils proposent dès à présent « un contrat de gouvernement » fondé sur « le courage », « le rassemblement » et « l'ouverture au monde ». Une vision politique que n'a pas reniée dimanche l'ancien Premier ministre Alain Juppé.
« Ils se prennent pour les mousquetaires mais en fait ce sont les Dalton qui veulent faire un hold-up sur l'UMP », a-t-on ironisé à la direction de l'UMP. Le secrétaire général de l'Elysée Claude a lui préféré voir dans cette offensive « un acte d'allégeance » au chef de l'Etat.
François Fillon, jusque là plutôt épargné par la critique, s'est aussi retrouvé dans le viseur de Copé. Ce dernier, dont rien ne dit qu'il ne trouvera pas le Premier ministre sur sa route pour la présidentielle de 2017, s'est étonné qu'il ait marqué « sa différence » avec Nicolas Sarkozy sur la sécurité. Stop aux « petites phrases », lui a indirectement répondu François Fillon mardi appelant la majorité, dont il entend garder le leadership, au « rassemblement ».
« On a connu meilleure rentrée »
Un message qui n'a visiblement pas été entendu. Le ministre de la Relance Patrick Devedjian, qui n'a pas digéré son éviction de la direction de l'UMP, a jugé dimanche que l'UMP méritait mieux qu'un « gentil organisateur du Club Med » et qu'un débat sur la sécurité aurait pu éviter les nombreuses voix dissonantes.
En déplacement dans le sud dimanche, Xavier Bertrand et le ministre de l'Industrie Christian Estrosi ont de concert tenté de mettre fin aux bisbilles internes en réclamant l'unité autour du président de la République.
En recevant mercredi les députés de sa majorité, Nicolas Sarkozy tentera certainement de calmer le jeu. François Fillon devrait faire de même le lendemain sur France 2 lors d'une émission spéciale sur les retraites. « On a connu meilleure rentrée », soupire le conseiller d'un ministre.




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