Euthanasie : les sénateurs s’emparent du débat

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Laurent Berbon
Le 18.01.2011 à 19:56
Le Sénat s’empare du débat sur l’euthanasie. Contre toute attente, la commission des Affaires sociales a adopté mardi par 25 voix contre 19 une proposition de loi visant à légaliser cette pratique. Verdict le 25 janvier prochain lors de la discussion en séance, mais à l’UMP on indique déjà que la majorité du groupe est hostile au texte.

Les sénateurs franchiront-ils le pas ? Alors que les politiques ont toujours refusé toute légalisation de l’euthanasie, le Sénat vient de mettre le débat sur la table. Par 25 voix contre 19 la commission des Affaires sociales a adopté une proposition loi visant à légaliser l’euthanasie. Un texte qui est le fruit de la fusion de trois propositions de loi déposées par Jean-Pierre Godefroy (PS), Alain Fouché (UMP), Guy Fischer et François Autain (CRC-SPG). A l’issue de l’article premier du texte, « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier(…) d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ». Un texte qui aurait reçu l’appui de la présidente de la commission des Affaires sociales Muguette Dini (Union centriste).

« Un signal important », se félicite Jean-Luc Roméro. « Je suis satisfait car jamais une commission n’avait passé cette étape », explique le conseiller régional d’Ile-de-France (PS) également président de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité). « On sent qu’un certain nombre de parlementaires entendent les Français sur ces questions-là », explique cet ex-UMP qui s’appuie notamment sur les sondages démontrant que beaucoup de Français demandent cette légalisation. Mais pour le sénateur UMP Paul Blanc, membre de la commission des Affaires sociales, l’argument ne tient pas. « Si les Français devaient eux-mêmes pratiquer l’euthanasie, je ne suis pas sûr que les réactions seraient identiques », rétorque-t-il.

« Ce n’est pas encore gagné »

Car le vote en séance est loin d’être acquis, même si un UMP- Alain Fouché- est l'un des sénateurs à l’origine de la proposition de loi. Dans un communiqué, les sénateurs UMP ont dit « regretter » le vote de la commission. « Ce n’est pas encore gagné, c’est dans l’hémicycle que ça se jouera », admet Patricia Schillinger, qui a voté pour le texte en commission. La sénatrice socialiste du Haut-Rhin, qui confie ne pas trop aimer le terme « euthanasie », voit pourtant dans ce texte « un cadre », avec des « médecins bien définis » et une loi qui « met aussi des interdits ». « Il y a vraiment jusqu’à la fin quelqu’un de professionnel qui encadre », ajoute-t-elle. « Moi qui ai travaillé dans le milieu hospitalier, je sais comment ça se passe. Parfois, c’est le choix des patients de partir avant l’heure », observe la sénatrice, mettant en avant le fait qu’ « il n’y a pas des milliers de personnes qui vont demander l’aide à mourir ».

Mais pour Paul Blanc, « le médecin qui a prêté le serment d’Hippocrate ne peut être pour l’euthanasie ». Le sénateur UMP s’appuie sur la loi Léonetti de 2005 sur la fin de vie. « Le médecin que je suis pense qu’avec la loi Léonetti on a déjà le droit de mourir dans la dignité », explique-t-il. Alors pourquoi cette réticence des sénateurs UMP ? « Certains sénateurs n’osent pas s’exprimer parce qu’ils ont peur des grands électeurs », estime Patricia Schillinger. Pour Jean-Luc Roméro, il faut y voir là « les pressions faites par l’Eglise catholique ». « J’ai été surpris d’entendre des arguments religieux donnés par des élus », rapporte celui qui a été auditionné la semaine dernière par le Sénat. Pourtant, « c’est même une garantie pour ceux qui s’y sont opposés », insiste Jean-Luc Roméro pour qui ce texte est un moyen d’éviter « l’euthanasie illégale ».

Le débat est en tout cas lancé et pourra se poursuivre dans l’hémicycle mardi prochain. Et vous qu’en pensez-vous ?

 
David Dominique
pourquoi le texte parle-t-il d'un "acte délibéré médicalisé permettant une mort rapide et sans douleur" ! alors qu'il s'agit bien de donner la mort, et non de la permettre. Dans la tradition républicaine, un médecin est là pour aider la vie, non pour donner la mort, ni par volonté propre, ni par obligation légale. On a supprimé la fonction de bourreau, faut il aujourd'hui transformer les médecins en pourvoyeurs de mort ? La vie est intangible. Une loi qui transgresse cette devise des hommes conduirait le pays à sa perte. Pourvu que le Sénat nous en protège...
Polo
Sur cette question de l'euthanasie, j'ai trouvé quelques articles intéressants sur http://www.infoselec.net/bioethique/euthanasie.html pour aider à se forger son opinion sur le débat
écoutez cette histoire :
2 ans après la légalisation de l'euthanasie, quelques scandales éclatent enfin au grand jour. On parle d'euthanasies clandestines pratiquées en toute impunité, souvent pour des raisons financières. Des projets de loi sont déposés pour l'euthanasie des enfants, des dépressifs (pour légitimer les euthanasies qui se pratiquent déjà à leur encontre). Pour la première fois, la durée de survie après les rémissions de graves maladies s'effondre. Des maladies qui n’étaient plus mortelles le redeviennent. La recherche sur la maladie d'Alzheimer a dors et déjà été stoppée, faute d’attribution de crédits, prochainement attribués au dépistage des malades. Sans parler des soins palliatifs, dont le projet de développement a été stoppé net dès le début : la solution alternative plus expéditive existe, pourquoi s’en priver. C’est bien connu, c’est désormais très mal vu d’être malade incurable ou grièvement blessé. On parle aussi de "médecins" agissant de façon libérale, dans les maisons de retraite, les services de gériatrie, et même à domicile (cela fait belle lurette qu’on ne demande plus aux futurs médecins de prêter le serment d’Hippocrate et la spécialisation de « réanimateur » est peu à peu délaissée). Pour le tarif « sécu », ils vous font passer de vie à trépas celui qui n’est plus jugé digne de vivre, l’inutile, celui qu’on accuse de traîner son corps souffrant à longueur de journée sous nos yeux. Les commissions de contrôle sont débordées, elles n'arrivent plus à traiter des dossiers contre de nombreux actes abusifs, dénoncés par les familles des victimes. Les procédures sont longues et coûteuses. Des avocats se spécialisent pour démonter ce genre de dossier et donner gain de cause aux médecins "euthanasieurs", habillés comme eux en noir pour mettre en évidence leur « fonction ». On observe également un flux migratoire croissant de personnes âgées vers l'Italie, l'Allemagne, pour échapper à leurs proches et à leurs médecins. Enfin, pour les personnes qui ont les moyen de fuir. Les autres... Vive le progrès, vive la « victoire de la liberté sur l'obscurantisme » diront certains...
eldrmozz
cher albatros En ce cas il va falloir agir très très vite contre les labo pharmaceutiques : je crois me rappeler qu'avant d'être des histoires de gros sous, ils sont là pour... soigner, et pas aider à être malade. Quant à vin rosé, je lui recommande une petite visite dans un vrai abattoir, il emploie des mots qu'il ne maîtrise pas. Et l'on peut réexaminer le problème de tous les côtés : demander aux gens qui agonisent sur des mois et des années, sans espoir de guérison ( pitié, la religion ne doit pas avoir accès à ce débat terrestre, matériel et humain. Laissons lui le soin de l'âme) de bien vouloir continuer agoniser encore un peu, histoire que nous, bien portants, soyons fier et rassurés de notre bon fond d'humanité, d'une belle conscience propre : "ah ça, non, nous sommes des Hommes. Et Hommes, nous durerons jusqu'à ce que... la mort nous prenne ! Pas avant hein !" ... voilà qui est inhumain. Voire pervers. Ceux qui veulent s'assurer de leur bon fond humain, (s'occuper des gens, aider les malheureux etc.) devraient sans doute s'inquiéter des inégalités monstrueuses dans lesquelles nous sommes en train de nous enfermer. Bref, la loi doit pouvoir autoriser et adoucir la mort de quelqu'un qui demande la fin de ses souffrances. Sinon, comme le dit Gilbert, on s'en passera et on continuera à souffrir, en se supprimant silencieusement, honni en entrainant des souffrances et conséquences terribles pour ceux qui restent, et voter, agir, se révolter efficacement. Quant aux déviances, elles sont déjà là. on n'interdit pas la chirurgie parce qu'il y a des trafics d'organe. Aider un homme qui souhaite mourir est une avancée de la conscience humaine. Une mesure terrible certes, mais qui donne un autre éclairage sur la valeur de la vie, l'intensité et la couleur de ce qu'on vit.
Fpp-malo
La peur de la douleur est l’un des principaux points d’ancrage de la revendication d’euthanasie. À la personne qui a mal, à celle que la douleur met dans une détresse profonde, à celle qui fait à travers la douleur l’expérience d’une solitude terrifiante, à celle qui vit la crainte d’être abandonnée à son mal, je pense comme vous que nous avons le devoir social d’être « ensemble contre leur douleur » En effet, les moyens techniques existent désormais pour supprimer ou au moins limiter la plupart des souffrances physiques. Cependant la douleur physique n’est pas la raison pour laquelle le malade, dans certaines situations exceptionnelles, demande la mort. Le motif profond est toujours lié à une souffrance morale intense. Même si le droit à ne pas souffrir (ou du moins à souffrir le moins possible) reste à conquérir dans bien des endroits, dans le cadre de la loi actuelle, non seulement le médecin a le droit d’interrompre des soins disproportionnés, il en a même le devoir. Il s’agit même d’une des situations où la grandeur et la difficulté de la responsabilité médicale s’expriment avec le plus d’intensité. Il n’y a donc aucune obligation morale à faire durer à tout prix une vie sans perspective. (à condition toutefois que derrière cette expression, nous ne projetions pas sur autrui notre propre évaluation d’une vie qui ne vaudrait pas la peine d’être vécue). Nous savons bien que l’acharnement thérapeutique génère dans l’opinion une peur, une terreur même, qui, avec la peur de souffrir déjà évoquée, entre largement en ligne de compte pour expliquer « l’attrait » pour l’euthanasie. À ce titre le refus de l’acharnement thérapeutique est un signe positif du besoin d’humanisation de la fin de vie. . L’arrêt de soins est une pratique courante qui ne pose pas de problème, ni éthique ni juridique, sous réserve de l’intention des soignants. C’est un devoir qui s’impose. Ce que dit le patient, il a le droit qu’on l’entende, pourtant, respecter la liberté du malade, c’est avant tout lui montrer qu’il est écouté en profondeur, lorsqu’il nous lance un appel, lorsqu’il exprime sa plainte. Il est évident que la peur de ne pas être entendu ouvre la voie à la tentation de fuite face à des situations difficiles. Nous pouvons le constater, lorsque les principes éthiques de l’accompagnement médical sont correctement mis en œuvre au niveau d’une équipe, elle porte de véritables fruits d’apaisement du malade. Une partie de la population est en train d’évoluer d’une situation où la douleur, comme scandale, doit être combattue avec toutes les armes disponibles et doit faire l’objet d’une recherche médicale intensive, vers une situation où nous ne serions plus capables d’accepter que la souffrance puisse encore exister, nous risquons d’abandonner notre capacité à nous engager solidairement aux côtés de celui qui souffre. Dans le contexte de fin de vie, les valeurs de réussite véhiculées sont complètement hors de propos. Et lorsqu’on a vécu avec ces valeurs comme critères ou cible, il devient difficile d’accorder du prix aux vies qui en sont démunies. On risque de passer malheureusement là à côté de l’essentiel avec les personnes parvenues à l’ultime étape de leur course. Nous avons tous peur de la mort, cependant, il est possible et même nécessaire de vivre avec nos proches, jusqu’à cette ultime étape de leur course ; trouver les mots, les gestes et les regards, surpasser cette crainte et le vivre avec la personne en fin de vie. Cela vaut la peine car il s’agit d’une expérience profondément humaine, c’est cela que nous devons réaffirmer. Là où une personne, un proche, est en train de mourir, il nous faut réaffirmer qu’il est utile, possible, nécessaire de se rendre auprès de lui. Qu’il y a des choses à se dire, et que notre « impuissance » face à la date, au jour et à l’heure du dernier soupir, fait partie de la richesse de ce moment. C’est une dernière limite à partager avec celui qui s’en va. Fixer l’échéance, c’est tuer la vie, c’est aussi, en quelque sorte « tuer la mort », c’est aussi une très grande violence Il y a aujourd’hui un véritable risque de régression de notre société face à la mort « Est-ce qu’il y a des gens pour lesquels je compte ? ». Et c’est une question de sens, du sens que peut avoir la vie de la personne souffrante. Or nous présentons que des réponses sont possibles, elles peuvent passer par la présence affectueuse et par l’affirmation répétée que « ce que tu vis est important pour moi », « tu as du prix à mes yeux »… Il y a là un enjeu considérable pour notre société. L’enjeu majeur, c’est de savoir comment les proches (famille, aidants, soignants) vont pouvoir gérer la fin de vie, dans des relations vraies. Il n’y a pour moi évidemment qu’une seule réponse acceptable : développer la formation des soignants, diffuser l’esprit des soins palliatifs, cesser de valoriser essentiellement une médecine ultra technique et reconnaître la place qui lui est due à une médecine qui privilégie l’accompagnement, encourage la présence des proches, facilite le retour à domicile… C’est un véritable tournant culturel que nous devons continuer d’accomplir pour que nos limites ne soient pas déniées, que la mort ne soit pas occultée et que les proches soient à la fois soutenus et responsabilisés. Nous pouvons en effet nous demander pourquoi des personnes sont amenées à douter de leur dignité, voire à affirmer « J’ai perdu ma dignité ». Car il reste essentiel de témoigner à chaque patient, quel que soit son état, qu’il est à nos yeux digne, « digne d’être soigné et digne d’être aimé ». Il ne s’agit pas d’interdire ou de contester tout sentiment d’indignité, mais il s’agit de refuser l’idée qu’une personne soit devenue indigne. Je conteste l’expression « mourir dans la dignité » car elle laisse supposer que l’euthanasie pourrait être le moyen de préserver cette dignité. Au contraire, le geste d’euthanasie, me paraît indigne de notre humanité. On dira que ce qu’on entend reconnaître, c’est l’expression d’une volonté ferme et réitérée ou encore l’acceptation de cette volonté lorsqu’elle s’exprime dans un contexte objectivement et irrémédiablement dramatique pour la personne , sur ce sujet la réitération de demande d’ euthanasie ne peut pas être entendue comme une fatalité et ne peut en aucun cas nous soustraire de l’ inconditionnalité de l’ accompagnement de la personne en lui témoignant du prix qu’ elle est en elle même pour nous . Certaines souffrances de la vie (pas forcément physique) amènent des personnes à souhaiter la mort, le suicide, et ce pendant de longues années , nous en connaissons peut être, la réitération de leur demande doit mobiliser notre affection, notre tendresse et non notre abdication. En vérité le suicide constitue une violence terrible envers soi même, pour ses témoins directs et indirects, et est le résultat d’une solitude insurmontable et non d’un choix libre. Évidemment, il n’est pas question de condamner le suicidaire. Mais il me serait incompréhensible de l’encourager dans sa pulsion suicidaire ! Contrairement à ce que l’on entend parfois, la coexistence entre tous les efforts d’accompagnement des souffrants en fin de vie et une éventuelle acceptation de l’euthanasie, est profondément impossible car relevant de deux cultures, de deux visions du monde antinomiques. Le délaissement de l’effort d’accompagnement des malades en fin de vie est dangereux et marquerai durablement le respect de la dignité des personnes en fin de vie ou en très grande souffrance. Fpp-malo (http://www.facebook.com/profile.php?id=1264920174#!/profile.php?id=100000848974064) http://www.adv.org/
De Beer
Combien de professionnels de santé ont voté ce texte? Ils ont choisi de suivre leur profession pour soigner, et vous les transformez en bourreau Il y a assez de chômeurs pour créer la profession d'euthanasiste Et l'affaire sera réglée La honte est dans l'hypocrisie de ces voteurs.
Julien
Elève infirmier, je me destine aux soins et au bien être des patients. J' entend par là faire tout pour leur assurer une vie aussi agréable ou au moins aussi supportable que possible. Actuellement , l' euthanasie est strictement interdite, et mon devoir m' impose de refuser à provoquer délibérément la mort d' un patient. La loi Léoneti n' autorise pas l' euthanasie, mais admet que les soins palliatifs peuvent conduire au décès du patient, et devant le manque législatif face à la fin de vie , cette loi donne un certain cadre et une aide pour les équipes de soins palliatifs MAIS ELLE N'EST PAS SUFFISANTE !!! Un cadre législatif doit enfin être déterminer pour ceux qui ne veulent pas subir un déclin ou endurer les souffrances psychiques liés à certaines pathologies. A charge pour le législateur d' avoir le courage de déterminer les conditions pour l' euthanasie. Et si un cadre légal devait exister,il devra être extrêmement précis pour ne pas laisser de doute aux soignants, dans ce cas je me vois administrer un traitement léthal, car je serai en accord avec la loi, et de fait je ne me sentirai pas dépositaire du droit de vie et de mort sur les patients
ben on en est loin...
Cette loi votée, c'est un portail, que dis-je, UN TAPIS ROUGE pour le permis de tuer. Mieux vaut ne pas toucher au serment d'Hippocrate, vieux comme le monde, quitte à ne pas lésiner sur les anti-douleur.
Elise
Faut-il assassiner (littéralement : donner volontairement la mort) tous ceux qui n'en peuvent plus de vivre : des dépressifs aux grands malades... des désespérés de la vie aux handicapés profonds ? La souffrance fait partie de la vie. Elle est moche, désagréable, pénible, angoissante et la mort parait délivrance. Peut-on autoriser par la loi le suicide assisté de ceux que l'on ne sait pas aider à vivre ou à mourir naturellement sans souffrance? Pourquoi pas... on retournera à une société primitive avec la sélection naturelle de ceux qui restent : les plus forts ! Moi qui suis infirmière, cela me désespère : la loi devrait au contraire permettre de pourchasser tous ces actes d'euthanasie qui ont lieu quotidiennement... sans l'accord du patient ! Mais puisqu'il est mort, il ne peut pas porter plainte !
Tiburce
Non à la légalisation germe de mort de notre société
Franck Roussin
L'euthanasie, comme le mariage gay, est juste un sujet pour lequel on constate que la laïcité est loin d'être entièrement effective. Et on se demande encore et toujours comment se fait-il que Mme Boutin ait le droit de conduire un parti politique religieux (Parti Chrétien Démocrate). La laïcité est-elle à géométrie variable ? Au fait, "albatros", la médecine n'a pas pour objectif de maintenir la vie. Elle a pour objectif de soigner le patient. Si elle ne le peut, elle doit soulager le patient de ses souffrances. Et si elle ne peut pas le soulager, vous, vous faites quoi : vous torturer le malade en le laissant souffrir. Bravo. Belle éthique.
Al
Pourquoi dépenser de l'argent pour développer et fabriquer des médicaments donnant la mort (euthanasie) alors qu'on pourrait utiliser ce même argent pour developper et fabriquer des médicaments soulageant les souffrances (oxycontin et autres...)?
fautpaspousser-malo17
La peur de la douleur est l’un des principaux points d’ancrage de la revendication d’euthanasie. À la personne qui a mal, à celle que la douleur met dans une détresse profonde, à celle qui fait à travers la douleur l’expérience d’une solitude terrifiante, à celle qui vit la crainte d’être abandonnée à son mal, je pense comme vous que nous avons le devoir social d’être « ensemble contre leur douleur » En effet, les moyens techniques existent désormais pour supprimer ou au moins limiter la plupart des souffrances physiques. Cependant la douleur physique n’est pas la raison pour laquelle le malade, dans certaines situations exceptionnelles, demande la mort. Le motif profond est toujours lié à une souffrance morale intense. Même si le droit à ne pas souffrir (ou du moins à souffrir le moins possible) reste à conquérir dans bien des endroits, dans le cadre de la loi actuelle, non seulement le médecin a le droit d’interrompre des soins disproportionnés, il en a même le devoir. Il s’agit même d’une des situations où la grandeur et la difficulté de la responsabilité médicale s’expriment avec le plus d’intensité. Il n’y a donc aucune obligation morale à faire durer à tout prix une vie sans perspective. (à condition toutefois que derrière cette expression, nous ne projetions pas sur autrui notre propre évaluation d’une vie qui ne vaudrait pas la peine d’être vécue). Nous savons bien que l’acharnement thérapeutique génère dans l’opinion une peur, une terreur même, qui, avec la peur de souffrir déjà évoquée, entre largement en ligne de compte pour expliquer « l’attrait » pour l’euthanasie. À ce titre le refus de l’acharnement thérapeutique est un signe positif du besoin d’humanisation de la fin de vie. . L’arrêt de soins est une pratique courante qui ne pose pas de problème, ni éthique ni juridique, sous réserve de l’intention des soignants. C’est un devoir qui s’impose. Ce que dit le patient, il a le droit qu’on l’entende, pourtant, respecter la liberté du malade, c’est avant tout lui montrer qu’il est écouté en profondeur, lorsqu’il nous lance un appel, lorsqu’il exprime sa plainte. Il est évident que la peur de ne pas être entendu ouvre la voie à la tentation de fuite face à des situations difficiles. Nous pouvons le constater, lorsque les principes éthiques de l’accompagnement médical sont correctement mis en œuvre au niveau d’une équipe, elle porte de véritables fruits d’apaisement du malade. Une partie de la population est en train d’évoluer d’une situation où la douleur, comme scandale, doit être combattue avec toutes les armes disponibles et doit faire l’objet d’une recherche médicale intensive, vers une situation où nous ne serions plus capables d’accepter que la souffrance puisse encore exister, nous risquons d’abandonner notre capacité à nous engager solidairement aux côtés de celui qui souffre. Dans le contexte de fin de vie, les valeurs de réussite véhiculées sont complètement hors de propos. Et lorsqu’on a vécu avec ces valeurs comme critères ou cible, il devient difficile d’accorder du prix aux vies qui en sont démunies. On risque de passer malheureusement là à côté de l’essentiel avec les personnes parvenues à l’ultime étape de leur course. Nous avons tous peur de la mort, cependant, il est possible et même nécessaire de vivre avec nos proches, jusqu’à cette ultime étape de leur course ; trouver les mots, les gestes et les regards, surpasser cette crainte et le vivre avec la personne en fin de vie. Cela vaut la peine car il s’agit d’une expérience profondément humaine, c’est cela que nous devons réaffirmer. Là où une personne, un proche, est en train de mourir, il nous faut réaffirmer qu’il est utile, possible, nécessaire de se rendre auprès de lui. Qu’il y a des choses à se dire, et que notre « impuissance » face à la date, au jour et à l’heure du dernier soupir, fait partie de la richesse de ce moment. C’est une dernière limite à partager avec celui qui s’en va. Fixer l’échéance, c’est tuer la vie, c’est aussi, en quelque sorte « tuer la mort », c’est aussi une très grande violence Il y a aujourd’hui un véritable risque de régression de notre société face à la mort « Est-ce qu’il y a des gens pour lesquels je compte ? ». Et c’est une question de sens, du sens que peut avoir la vie de la personne souffrante. Or nous présentons que des réponses sont possibles, elles peuvent passer par la présence affectueuse et par l’affirmation répétée que « ce que tu vis est important pour moi », « tu as du prix à mes yeux »… Il y a là un enjeu considérable pour notre société. L’enjeu majeur, c’est de savoir comment les proches (famille, aidants, soignants) vont pouvoir gérer la fin de vie, dans des relations vraies. Il n’y a pour moi évidemment qu’une seule réponse acceptable : développer la formation des soignants, diffuser l’esprit des soins palliatifs, cesser de valoriser essentiellement une médecine ultra technique et reconnaître la place qui lui est due à une médecine qui privilégie l’accompagnement, encourage la présence des proches, facilite le retour à domicile… C’est un véritable tournant culturel que nous devons continuer d’accomplir pour que nos limites ne soient pas déniées, que la mort ne soit pas occultée et que les proches soient à la fois soutenus et responsabilisés. Nous pouvons en effet nous demander pourquoi des personnes sont amenées à douter de leur dignité, voire à affirmer « J’ai perdu ma dignité ». Car il reste essentiel de témoigner à chaque patient, quel que soit son état, qu’il est à nos yeux digne, « digne d’être soigné et digne d’être aimé ». Il ne s’agit pas d’interdire ou de contester tout sentiment d’indignité, mais il s’agit de refuser l’idée qu’une personne soit devenue indigne. Je conteste l’expression « mourir dans la dignité » car elle laisse supposer que l’euthanasie pourrait être le moyen de préserver cette dignité. Au contraire, le geste d’euthanasie, me paraît indigne de notre humanité. On dira que ce qu’on entend reconnaître, c’est l’expression d’une volonté ferme et réitérée ou encore l’acceptation de cette volonté lorsqu’elle s’exprime dans un contexte objectivement et irrémédiablement dramatique pour la personne , sur ce sujet la réitération de demande d’ euthanasie ne peut pas être entendue comme une fatalité et ne peut en aucun cas nous soustraire de l’ inconditionnalité de l’ accompagnement de la personne en lui témoignant du prix qu’ elle est en elle même pour nous . Certaines souffrances de la vie (pas forcément physique) amènent des personnes à souhaiter la mort, le suicide, et ce pendant de longues années , nous en connaissons peut être, la réitération de leur demande doit mobiliser notre affection, notre tendresse et non notre abdication. En vérité le suicide constitue une violence terrible envers soi même, pour ses témoins directs et indirects, et est le résultat d’une solitude insurmontable et non d’un choix libre. Évidemment, il n’est pas question de condamner le suicidaire. Mais il me serait incompréhensible de l’encourager dans sa pulsion suicidaire ! Contrairement à ce que l’on entend parfois, la coexistence entre tous les efforts d’accompagnement des souffrants en fin de vie et une éventuelle acceptation de l’euthanasie, est profondément impossible car relevant de deux cultures, de deux visions du monde antinomiques. Le délaissement de l’effort d’accompagnement des malades en fin de vie est dangereux et marquerai durablement le respect de la dignité des personnes en fin de vie ou en très grande souffrance. Fpp-malo (http://www.facebook.com/profile.php?id=1264920174#!/profile.php?id=100000848974064) http://www.adv.org/
epervier2
A ceux qui demandent une loi légalisant l'euthanasie: je suis concernée par l'acte puisque je suis infirmière. je vois bien que la vie est loin d'être rose, ceci dit, il y a aussi des moyens pour éviter les souffrances physiques et psychologiques et lutter contre la solitude (et qui en parle? on dirait que le tableau est tout noir ou tout blanc!). Perso, je ne me vois pas administrer un produit entraînant la mort du patient volontairement: je préfère me battre contre la douleur, essayer d'être à l'écoute de l'autre, ça c'est le métier que j'ai choisi, et il vaut la peine car il y a des services de soins palliatifs déplorables mais il y en a des géniaux aussi.Posez- vous la question: Feriez-vous cela vous-même, pousser la seringue létale? C'est plus facile de le faire faire à quelqu'un d'autre et de s'en laver les mains.. Il y a déjà assez d'arrêts maladies du personnel soignant pour rajouter une "dose" de culpabilité. Comme si une loi pouvait enlever la culpabilité parce que le papier est signé!
Pr Bernard Debré, ancien Ministre, Député de Paris, membre du Comité consultatif national d'éthique
En suivant ce lien http://www.bernarddebre.fr/actualites/la_piti___dangereuse, vous pourrez lire la tribune que j'ai rédigée CONTRE cette proposition de loi, CONTRE la légalisation de l'euthanasie. Bonne lecture! Pr Bernard Debré Ancien Ministre
cemoi
Je vois là la future réforme des retraites. Les gens n'ayant pas suffisament cotisé pour avoir une retraite convenable auront cette possibilité de quitter la vie sans avoir à prendre les chemins traditionnels (précarité, maladie, sdf, et grand froid)
Erable
Il serait peut-être bon de rappeler à tous, et notamment aux sénateurs qui vont avoir à se prononcer, que le mot grec "euthanasie" signifie la bonne mort.
guillaume
bonsoir à tous. euthanasie...oui de toute ma vie, jamais je n'aurais pensé être pour une telle loi, tant que je n'y étais pas confronté. et puis c'est arrivé! il n'y a pas d'échelle de souffrance selon les pathologies...cependant, allez jetez un coup d'oeil dans les services long séjours d'hôpitaux psychiatriques et régalez vous! ici survivent les gens dont on n'a pas voulu ailleurs, et il y a de quoi faire! seule une immense cruauté maintient ces gens en vie...savez vous qu'il faut organiser avec de grandes difficultés des séjours de fin de vie vers la belgique ou les pays bas quand il n'y a pas d'alternative en france pour mourir dans la dignité. l'asso existe, mais n'a aucuns pouvoirs réels.connaissez vous les lenteurs et impossibilités administratives à ce genre de question... seul possibilité: voir les gens lentement mourir sous nos yeux, alors qu'ils ne veulent plus de leur vie. et quelles dérives...bien-pensants, allez vous plonger dans la réalité de ces familles en détresse, dans les refus des instituts, dans la noirceur de ces établissements à vocation de mouroir, cessez de supposer avec convictions très honorables... que faire de ce malade au cerveau détruit que seule un acte médical maintient en vie... qu'est ce que la vie?
et ailleurs dans le monde ?
Moi je trouve très curieux que notre société, dite si évoluée, moderne, civilisée, soit sur-consommatrice d'antidépresseurs, sur-peuplée de dépressifs... Il faudrait vraiment en chercher les causes (divorce, chômage, violence...). La seule façon de sauver les pauvres bougres dont vous nous parlez, c'est de les guérir. Soutenez donc la recherche !
vin rosé
Guillaume,vous souhaitez un abattoir humain ,alors que ,si je ne m'abuse ,la loi prévoit que la demande doit être faite par la personne qui devra la subir!...Calmez vos émotions et réexaminez le problème.
uvalatorac
Ne confondez pas refus de l'euthanasie et acharnement thérapeutique!
Epervier
Ben on est dans la merde. Les déviances vont forcément arriver, alors il faudra réarranger la loi pour prendre en compte les nouvelles habitudes, etc... A quand l'euthanasie systématique passés les 80 ans ?
pmrb
A EPERVIER. Les éperviers sont parmi les animaux qui ont la vue la plus aiguisée. Et pourtant, vous ne voyez pas la kirielle de déviances que l'absence de loi entraîne dans cette foison d'euthanasies clandestines qui augmente d'année en année.
albatros
Je m'oppose à tout légalisation de l'euthanasie. Simplement, et au-delà de savoir si droit de mourir et dignité s'opposent ou se complètent, la médecine a pour mission de maintenir la vie par le soin qu'elle apporte aux corps qui en sont animés. Pas le contraire.
Gilbert renoux
Je ne reconnais pas aux corporations médicales le droit de prendre quelque décision que ce soit en ce qui concerne la fin de ma vie. Toute personne en fin de vie doit avoir le droit de disposer d'une pilule létale. Pas besoin des médecins pour ça. A défaut de droit on s'en dispensera.
eva
quand tu auras un cancer en stade final et tu souffriras atrocement ta réponse sera tout à fait différente... maintenir en vie si tu n'aspires qu'à finit au plutôt? laissons les personnes concernées choisir - et la loi devrait donner la liberté de vivre ou mourir à chacun!
soins pallaitifs
Les Français n'en veulent pas, de l'euthanasie (cf récent sondage opinion way). Ils veulent les soins palliatifs. Ils veulent qu'on soulage leur douleur, qu'on prenne en charge les souffrances, elles veulent savoir leurs familles accompagnées dans cette approche de la mort et dans le deuil. Contrairement à ce que vous pensez (idée reçue), on a tendance à se tromper, quand on est droit dans ses bottes, en bonne santé. Quand on est vulnérable, toute idée d'en finir s'estompe une fois que douleur et souffrances sont prises en charge.
Epervier
Et tu fais sérieusement confiance à la société pour qu'elle en reste longtemps aux personne en état d'exprimer leur choix ?

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