Hervé Maurey « parie que la nouvelle répartition des conseillers territoriaux sera votée »

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Laurent Berbon
Le 10.12.2010 à 18:05
Maurey, Conseiller territorial - Public Sénat
© Public Sénat
La très controversée réforme territoriale n’a pas fini de faire parler d’elle. En censurant jeudi la disposition sur la répartition des futurs conseillers territoriaux, le Conseil constitutionnel oblige le gouvernement à soumettre au vote un nouveau tableau. Le sénateur centriste Hervé Maurey ne doute toutefois pas qu’il sera voté.

Le Conseil constitutionnel a validé l’ensemble du texte à l’exception de la disposition sur la répartition des conseillers territoriaux. Qu’en pensez-vous ?
Globalement, je ne suis pas tellement surpris que l’essentiel du texte ait été validé. Je ne fais pas partie des parlementaires qui ont voulu jeter le doute sur la constitutionnalité de certaines dispositions du texte. Ce qu’il faut retenir de la disposition censurée, c’est que le Conseil constitutionnel apprécie avec une certaine rigueur l’écart maximum qui a été observé sur le nombre de conseillers. Ces écarts qui ont choqué certains élus ne me choquent pas. Ce qui compte, c’est la répartition des sièges au sein d’une même région.

Dans sa décision, le Conseil fait prévaloir le critère démographique sur toute autre question. J’aurais souhaité qu’il accepte d’accorder plus d’importance au critère de l’étendue des territoires et du nombre des communes.

Croyez-vous, comme le pense le sénateur de la Mayenne et président de l’Alliance centriste Jean Arthuis, que ce nouveau vote peut aboutir à remettre en cause l’existence du conseiller territorial ?
Je suis prêt à prendre les paris que la répartition des conseillers territoriaux sera votée. La réforme territoriale a été adoptée et le conseiller territorial existe. Il a été confirmé par le Conseil constitutionnel. Je ne vois pas comment le gouvernement n’arriverait pas à faire voter une nouvelle répartition. Et même si elle n’est pas votée, ce dernier donnera le dernier mot à l’Assemblée nationale.

Jean Arthuis n’est pas sûr « qu’il y ait cette fois-ci une majorité au Sénat pour voter cet article ». L’amertume des centristes après le déroulement du vote sur la réforme territoriale et le remaniement ne peuvent-ils pas venir compliquer les choses ?
Je ne partage pas l’analyse de Monsieur Arthuis. Il ne faut pas tout mélanger, même si je considère que le vote de la réforme au Sénat n’a pas été sincère.  Jusqu’au dernier moment, il y a eu des pressions incroyables sur des sénateurs, y compris dans les rangs de l’UMP. Si le vote avait été libre et sincère, la réforme ne serait pas passée au Sénat. Mais ça n’a aucun sens de dire que nous ne voterons pas le tableau des effectifs. La question de savoir s’il y a deux conseillers de plus ou de moins dans un département n’a pas d’enjeu majeur. Pendant les débats, la répartition des conseilles territoriaux n’a pas été tellement problématique. Ça n’a pas été un point dur.

Vous étiez présent au dîner républicain de Jean-Louis Borloo Jeudi. Qu’avez-vous pensé de son discours et des piques lancées contre « les conservateurs bien coiffés », alias François Fillon ?
Mis à part ces quelques piques qui montrent une petite amertume chez Jean-Louis Borloo, c’était un beau discours à la gloire de la République. Ce dîner-débat sur la laïcité s’est déroulé dans une bonne ambiance. Ce n’était pas une réunion politique au sens de la reconstruction et de l’avenir du centre. Maintenant, Jean-Louis Borloo va retrouver son siège de député. La question sera de savoir dans quel groupe parlementaire il va s’inscrire. J’espère très fort qu’il n’ira pas s’inscrire au groupe UMP. On ne peut pas parler d’une candidature d’un centre incarné par Jean-Louis Borloo tant qu’il est dans l’UMP.

Le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, ne croit pas à une telle candidature. Il a récemment affirmé que « le seul vrai centriste » était François Bayrou…
Ça montre bien qu’il y aujourd’hui des intérêts objectifs entre l’UMP et le MoDem. Le candidat du centre que souhaite Nicolas Sarkozy, c’est François Bayrou. Depuis à peu près six mois, c’est-à-dire lorsqu’Hervé Morin a dit qu’il voulait être le candidat du centre pour 2012, le Président essaie de remettre en selle Bayrou. Etant donné la dégradation de ses soutiens au niveau local, si François Bayrou obtient ses 500 signatures, ce sera parce qu’il y aura eu un petit coup de pouce derrière.  

 
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