Maire de Choisy-le-Roi, sur les Roms : « L’Etat nous laisse ces gens dans les bras »

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Laurent Berbon
Le 09.09.2010 à 19:34 - Mise à jour 01.01.1970 à 01:33
Un terrain municipal de Saint-Etienne (Loire). Premier camp illégal de Roms évacué en France depuis l'annonce par le président Nicolas Sarkozy, le 28 juillet, d'une série de mesures contre "certains" Roms et gens du voyage.  - Jeff Pachoud
Un terrain municipal de Saint-Etienne (Loire). Premier camp illégal de Roms évacué en France depuis l'annonce par le président Nicolas Sarkozy, le 28 juillet, d'une série de mesures contre "certains" Roms et gens du voyage.
© Jeff Pachoud

Au centre d’une polémique après la décision de ne pas scolariser des Roms hébergés dans un gymnase, le maire PCF de Choisy-le-Roi, Daniel Davisse, tient à rétablir la vérité. L’élu communiste parle de « malveillance » et assure qu’il y aura bien scolarisation.

Entretien

Comment réagissez-vous à cette polémique suscitée par la décision de ne pas scolariser les Roms hébergés dans le gymnase de votre ville ?
C’est une malveillance. C’est une insulte à l’égard du maire communiste que je suis. Nous n’avons pas refusé la scolarisation à qui que ce soit. Mais il faut d’abord régler la question de l’organisation de cette scolarisation, car il y a des enfants primo-arrivants non-francophones et il faut les répartir dans des classes spécialisées. Il y a aussi la question du logement. C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités.  Au mois d’août, l’Etat a pris la décision de démanteler le camp. On se retrouve maintenant avec 56 personnes dans un gymnase. L’Etat décide de faire ces expulsions et nous laisse ces gens dans les bras. 

Et Choisy-le-Roi n’est pas la seule ville dans cette situation. On est en train de créer de nouveaux SDF.  En 2002, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, était venu à Choisy pour dire qu’il règlerait la situation des Roms. Il avait pris ces gens et s’était chargé de leur trouver un hôtel par exemple. Il y avait donc une solution humaine et provisoire en 2002. Aujourd’hui,  ils sont laissés en plan. C’est inhumain et indigne.

Quelle est la solution au niveau du relogement ?
Lorsque le camp a été démantelé, la mairie a décidé de les prendre et de les loger dans le gymnase pour qu’ils aient un toit. C’est un peu la décision de l’incendie. On va essayer de trouver une solution au niveau de l’hébergement en cherchant un terrain communal avec le minimum de choses pour que ces gens puissent vivre.  On va se faire aider par des associations.

D’où est partie cette polémique dont vous faites l’objet aujourd’hui ?
Elle est venue d’une maladresse d’une association qui voulait absolument les scolariser. Mais depuis que cette polémique a éclaté, nous recevons des messages de soutien de notre camp politique et au-delà de notre camp, à l’étranger. J’ai aussi le soutien du conseil général du Val-de-Marne.  Même des UMP me disent que cette situation est devenue impossible.  Et d’autres maires sont dans la même situation. Il faut vraiment que le gouvernement prenne des mesures avec nous.

Regardez-vous d’un bon œil la résolution votée par le Parlement européen aujourd’hui demandant à l’Etat français de suspendre les expulsions de Roms?
C’est une bonne chose. Pourvu que ça fasse pression sur le gouvernement français et sur le gouvernement roumain.  Je regrette que la France, pays des droits de l’homme soit mise à l’écart.

Sur la question des Roms, êtes-vous finalement sur la même ligne que le socialiste François Rebsamen ?
Je ne partage pas tout à fait son point de vue. Il y a un aspect sur lequel on peut être d’accord. C’est vrai que les maires demandent qu’on en finisse avec l’occupation illégale de terrains. Mais je ne suis pas pour l’expulsion.  Je suis pour qu’on puisse accueillir ces populations. Il faut un peu d’humain derrière ces aspects juridiques.

 
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batiel
on dit qu'il y a trop d'élèves dans les classes, comment peut on continuer à scolariser des enfants et remplir les classes , il ne faut pas que les enseignants disent après qu'ils ont trop d'enfants dans les classes

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