André Vallini, « pas fermé » aux jurés populaires en correctionnelle

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Laurent Berbon
Le 10.09.2010 à 17:03 - Mise à jour 01.01.1970 à 01:33
le sénateur PS André Vallini - Publis Sénat
© Publis Sénat

Très critique sur les mesures sécuritaires du gouvernement votées cette semaine au Sénat, le député PS André Vallini approuve l’idée d’instaurer des jurés populaires en correctionnelle. Une idée à laquelle réfléchirait le président de la République d’après des députés UMP.

Certains députés reçus jeudi à l’Elysée affirment que le président de la République souhaiterait instaurer des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels. Bonne ou mauvaise idée ?
Je dois vous dire que je ne suis pas fermé à cette idée. Je vois bien qu’elle sent le populisme habituel chez Nicolas Sarkozy, avec l’idée que les juges sont laxistes. En même temps, je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut associer le plus possible les citoyens à l’œuvre de justice. De cette façon, ils la comprendront  davantage. Deuxièmement, on fait siéger des citoyens aux Assises pour les affaires les plus graves. Pourquoi pas en correctionnelle ? Tout cela permettra de combler le fossé qui existe entre les citoyens et la justice. Il n’y a pas raison d’avoir peur du peuple. Au contraire.

Le Sénat a voté ce matin la possibilité pour les préfets d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans. Cela va-t-il dans le bon sens ?
Ce sont des lois d’affichage sans effet. Ce n’est pas digne du Parlement. Il ne faut prendre des mesures que lorsqu’on est sûr qu’elles sont applicables, et non pas si l’unique raison est de satisfaire ou de rassurer l’opinion publique. S’il y a des adolescents ou préadolescents dans la rue, les policiers municipaux peuvent s’occuper de les ramener chez eux. Il faut faire confiance au bon sens des citoyens et des policiers.  Arrêtons de prendre les problèmes par le bout démagogique. Pas besoin de voter des lois inapplicables et inappliquées.

Portez-vous le même regard sur l’ensemble du dispositif Loppsi 2 ?
Je ne ferai que reprendre les propos d’Alain Juppé qui s'est demandé dimanche "pourquoi en rajouter dans la production législative" contre l'insécurité. Et comme lui, je dis qu’on ferait mieux d’appliquer les lois qui existent déjà. La politique du gouvernement est une politique de fuite en avant. On en est à 30 lois de politique sécuritaire depuis 2002. L’angélisme a changé de camp. Pendant des années, on a été à côté de la plaque à gauche.  Je me souviens des discours que je tenais moi-même il y a 20 ans, dans lesquels je niais l’existence de l’insécurité. Puis au fil des années, la gauche a évolué. La naïveté est désormais du côté de la droite, qui en faisant des discours  très fermes et beaucoup de lois, pense qu’on va pouvoir régler les problèmes.

La sécurité est un besoin fondamental dans une démocratie. On n’a pas de solution miracle. Chacun doit faire preuve d’humilité. On a tous échoué, à droite et à gauche.  Il faut main dans la main s’attacher à résoudre les problèmes. Mais comme la droite en fait un enjeu électoral, elle ne veut pas se mettre d’accord avec la gauche. Ça fait huit ans que Nicolas Sarkozy fait des discours.  Et ça fait quelques mois que Brice Hortefeux se prend pour Sarkozy en faisant croire que rien que ses déplacements vont régler les choses.

Comment jugez-vous le compromis trouvé jeudi entre sénateurs de la majorité et gouvernement sur les trois amendements sécuritaires les plus controversés ?
Je suis très déçu. Les sénateurs de la majorité de la commission des lois sont des démocrates, souvent courageux. Et puis à la fin souvent, ils sont décevants.

 
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bigre
1/:c'est une nouvelle défiance des juges.! 2/Les jurés devront être dédommagés de leur perte de salaire ! 3/Ce n'est pas la peine de faire des économies à tout crin et de créer de nouvelles dépenses, inutiles.Le projet a-t-il été chiffré ?

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