Le bouclier fiscal se fendille à droite

+A -A
François Vignal
Le 31.03.2010 à 13:55
Après la défaite des régionales, les voix s’élèvent à l’UMP pour demander la suppression de la mesure symbole du sarkozysme. Plusieurs ténors de la majorité osent la critiquer.

C’est une rupture. Et une conséquence des régionales. Le bouclier fiscal, symbole du sarkozysme, est attaqué à droite. De là à le supprimer ? On n’en est pas là. Mais les coups de boutoir se multiplient contre cette mesure portée en étendard par Nicolas Sarkozy en 2007, et votée dès le début du quinquennat.

Il y a ceux qui demandent son abrogation depuis longtemps. Le président de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis, fait partie de ceux-là. Il demande, comme le rapporteur du budget à l’Assemblée Gilles Carrez, la suppression du bouclier fiscal, et de l’ISF au passage.

Un autre sénateur, l’UMP Jean-Pierre Fourcade, a pris la parole lundi lors du séminaire des parlementaires UMP. Il demande la suppression du bouclier « tant que la situation financière » du pays ne s'améliore pas. Le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, pointe lui aussi une mesure mal perçue en tant de crise.

Les critiques s’enchaînent

Prompt à mettre des bâtons dans les roues de Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre Alain Juppé emboite le pas des sceptiques. Le « meilleur d’entre nous », comme l’appelait Chirac, ne voit pas d’un mauvais œil de faire payer davantage les plus riches.

Et les critiques s’enchaînent : celles des députés Lionnel Luca et Valérie Rosso-Debord, proche de Fillon : « Jusqu'à présent, on n'osait pas parler du bouclier fiscal. La parole s'est un peu libérée, on s'autorise à verbaliser sur ce dispositif en proposant d'autres solutions ».

La parole se libère, jusqu’à Jean-François Copé. Plus étonnant de la part du patron des députés UMP, lui qui défendait jusqu’ici la mesure. S’il juge « prématuré » d'évoquer le sujet, il ne ferme pas la porte à l'idée d'un aménagement : « Je n'ai pas une religion totalement définitive ». Autrement dit, tout est possible.

La défense du bouclier s’organise

Mais la défense du bouclier fiscal s’organise. A commencer par le premier ministre lui-même. François Fillon se refuse d’envisager l’abrogation. Et répète que « nous avons déjà le niveau de prélèvements obligatoires le plus élevé du monde. Il ne faut pas casser le retour de la croissance ».

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, estime lui ce mercredi qu'il fallait « arrêter de changer en permanence toutes les règles ». Quant au porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, il juge « pas judicieux d'envisager la remise en cause » du bouclier fiscal, un « principe fondateur » de la politique du gouvernement.

L’exécutif se déjugerait en effet totalement en supprimant la mesure. Face aux critiques répétées de l’opposition, Nicolas Sarkozy répète à l’envie depuis des mois qu’il ne reviendra pas sur cette mesure. Peut-il encore changer d’avis ? Difficile de faire machine arrière toute… A moins qu’une brèche dans le bouclier soit la solution. La déroute des régionales pourrait faire réfléchir le chef de l’Etat.

 
M.A.V.
Si on supprime le bouclier fiscal, alors il faut supprimer -pour tout le monde-,l'impôt punitif sur la fortune! Dramatique, pour le gouvernement qu'il soit infichu de changer l'état d'esprit des français, sur ce sujet. Dramatique, son incapacité à marteler le message de "mieux vaut être accueillant aux capitaux que les faire fuit ailleurs! Dramatique d'être incapable de communiquer clairement sur la question, en laissant champ ouvert au harcèlement mental permanent de la gauche.
joletaxi
Avec des manières comme cela, Vous etes sur de tous plonger en 2012. Déja, vous n'avez déja pas su défendre des idées modernes à droite. Comment voulez vous êtes pris au sérieux.aux prochaines ? N'oubliez pas vous êtes tous responsable de la déroute à droite
Métropole
... Pas d'accord pour le maintient du bouclier fiscal!!! En fin de compte, c'est faire deux poids deux mesures... Pas d'accord du tout!

Réagir

A la une

Sarkozy motive ses troupes et attaque Hollande le «planqué»

Séance de (re)motivation pour les sénateurs et députés UMP ce mercredi avec Nicolas Sarkozy, à deux mois du premier tour de la présidentielle. « C’est tout sauf la chronique d’une défaite annoncée », assure Hervé Mariton.

Les quartiers populaires s’invitent dans la campagne

Les quartiers populaires, grands oubliés de cette élection présidentielle, reviennent sur le devant de la scène avec AC LEFEU qui a créé un ministère factice de « la crise des banlieues » dans un hôtel désaffecté du centre ville de Paris et qu’ils occupent depuis hier. François Hollande leur a rendu visite ce matin.

Collectif budgétaire : la commission des finances du Sénat a rejeté la TVA sociale

La commission a adopté une motion préalable, qui stipule qu'il n'y a pas lieu à débattre d'un texte. Le Sénat devrait ratifier cette position mercredi soir en séance. Philippe Marini et Nicole Bricq se sont affrontés sur la TVA sociale lors d’une conférence de presse.