Le bouclier fiscal se fendille à droite
C’est une rupture. Et une conséquence des régionales. Le bouclier fiscal, symbole du sarkozysme, est attaqué à droite. De là à le supprimer ? On n’en est pas là. Mais les coups de boutoir se multiplient contre cette mesure portée en étendard par Nicolas Sarkozy en 2007, et votée dès le début du quinquennat.
Il y a ceux qui demandent son abrogation depuis longtemps. Le président de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis, fait partie de ceux-là. Il demande, comme le rapporteur du budget à l’Assemblée Gilles Carrez, la suppression du bouclier fiscal, et de l’ISF au passage.
Un autre sénateur, l’UMP Jean-Pierre Fourcade, a pris la parole lundi lors du séminaire des parlementaires UMP. Il demande la suppression du bouclier « tant que la situation financière » du pays ne s'améliore pas. Le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, pointe lui aussi une mesure mal perçue en tant de crise.
Les critiques s’enchaînent
Prompt à mettre des bâtons dans les roues de Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre Alain Juppé emboite le pas des sceptiques. Le « meilleur d’entre nous », comme l’appelait Chirac, ne voit pas d’un mauvais œil de faire payer davantage les plus riches.
Et les critiques s’enchaînent : celles des députés Lionnel Luca et Valérie Rosso-Debord, proche de Fillon : « Jusqu'à présent, on n'osait pas parler du bouclier fiscal. La parole s'est un peu libérée, on s'autorise à verbaliser sur ce dispositif en proposant d'autres solutions ».
La parole se libère, jusqu’à Jean-François Copé. Plus étonnant de la part du patron des députés UMP, lui qui défendait jusqu’ici la mesure. S’il juge « prématuré » d'évoquer le sujet, il ne ferme pas la porte à l'idée d'un aménagement : « Je n'ai pas une religion totalement définitive ». Autrement dit, tout est possible.
La défense du bouclier s’organise
Mais la défense du bouclier fiscal s’organise. A commencer par le premier ministre lui-même. François Fillon se refuse d’envisager l’abrogation. Et répète que « nous avons déjà le niveau de prélèvements obligatoires le plus élevé du monde. Il ne faut pas casser le retour de la croissance ».
Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, estime lui ce mercredi qu'il fallait « arrêter de changer en permanence toutes les règles ». Quant au porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, il juge « pas judicieux d'envisager la remise en cause » du bouclier fiscal, un « principe fondateur » de la politique du gouvernement.
L’exécutif se déjugerait en effet totalement en supprimant la mesure. Face aux critiques répétées de l’opposition, Nicolas Sarkozy répète à l’envie depuis des mois qu’il ne reviendra pas sur cette mesure. Peut-il encore changer d’avis ? Difficile de faire machine arrière toute… A moins qu’une brèche dans le bouclier soit la solution. La déroute des régionales pourrait faire réfléchir le chef de l’Etat.
























































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