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Jean-Paul Bailly à la tête de La Poste : une nomination singulière
Jean-Paul Bailly a mené à bien la création de la Banque postale, née de la filialisation des services financiers de La Poste, le changement de statut du groupe et les négociations pour sa recapitalisation, qui se fera avec des fonds publics apportés par l'Etat (1,2 milliard d'euros) et la Caisse des dépôts (1,5 milliard). Il lui revenait donc de gérer la libéralisation totale du courrier prévue pour le 1er janvier.
Bailly, l’homme de l’ouverture à la concurrence
L'entreprise doit en effet affronter l’un de ses plus grands défis : la libéralisation totale du courrier. Et cela, dans un contexte de diminution des volumes pour cause de concurrence d'internet. Le 1er janvier 2011, toutes les activités de La Poste seront ouvertes à la concurrence. Une ouverture des services postaux qui met fin au monopole historique de La Poste dans la distribution du courrier de moins de 50 g et qui est le troisième et dernier volet d'une série de mesures lancées par la Commission européenne depuis 1997. Cette libéralisation du secteur, voulue par la Commission, a entrainé de nombreux changements dans l'organisation du groupe. On s’en souvient. Il y a presque un an, le 1er mars 2010, La Poste, cette institution créée sous Louis XI, devenait une société anonyme (SA) à capitaux publics. Pour autant, le groupe devait continuer ses missions de service public, au premier rang desquelles le service postal universel.
Nul doute, ce changement de statut, bien que décrié, était nécessaire. Il a permis en effet aux deux actionnaires principaux, l'Etat et la Caisse des dépôts, d'annoncer, en octobre, une augmentation de 2,7 milliards d'euros du capital du groupe La Poste. Une augmentation de capital, joliment négociée par Jean-Paul Bailly pour permettre à La Poste de se désendetter et de financer de nouveaux investissements. En ligne de mire donc, l’innovation et la performance sur un marché devenant hautement concurrentiel. Mais 9 milliards d’euros à investir d’ici 2015..ce n’est pas si mal, dans un contexte général de réduction des dépenses publiques. Jean-Paul Forceville, directeur des relations extérieures de La Poste, se dit d’ailleurs serein : "On a eu le temps de voir venir la chose". Selon lui, La Poste s'est préparée à cette ouverture en renouvelant son réseau de centres de tri et son plan marketing. On comprend mieux, dans ces conditions, le souhait de Nicolas Sarkozy de reconduire dans ses fonctions, Jean-Paul Bailly.
Le problème de la limite d’âge
Si, donc, sa nomination, semble bien acquise, une difficulté pourrait bien surgir, au grand dam de Nicolas Sarkozy. Jean-Paul Bailly, polytechnicien et diplômé du MIT de Cambridge qui a effectué toute sa carrière dans le service public, est en effet âgé de 64 ans. Or les dirigeants de groupes publics ne peuvent exercer leurs fonctions que jusqu’à l’âge de 65 ans. Cette limite d’âge est d’autant plus embarrassante pour Jean-Paul Bailly que son mandat serait renouvelé pour une période de cinq ans. Alors de deux choses l’une : ou bien, le patron de La Poste devrait quitter son siège dans un an, à dater de sa nomination officielle, ce qui risque d’avoir des incidences sur la politique de développement de l’entreprise. Ou bien, Jean-Paul Bailly demeure en poste jusqu’à la fin de son mandat, soit en 2016. Et dans ce cas, il serait dans l’illégalité, sauf à ce qu’un décret régularise a posteriori celle-ci. Entre continuité du service et respect de la loi, il faudra sans doute trancher…

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