Jean-Paul Bailly à la tête de La Poste : une nomination singulière

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Nadia Belrhomari
Le 21.12.2010 à 17:22
Président de La Poste depuis 2002, Jean-Paul Bailly devrait être reconduit dans les prochains jours, après audition des deux assemblées, pour un nouveau mandat de cinq ans. Mais cette nomination éventuelle ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’entreprise elle-même…

Jean-Paul Bailly a mené à bien la création de la Banque postale, née de la filialisation des services financiers de La Poste, le changement de statut du groupe et les négociations pour sa recapitalisation, qui se fera avec des fonds publics apportés par l'Etat (1,2 milliard d'euros) et la Caisse des dépôts (1,5 milliard). Il lui revenait donc de gérer la libéralisation totale du courrier prévue pour le 1er janvier.

Bailly, l’homme de l’ouverture à la concurrence

L'entreprise doit en effet affronter l’un de ses plus grands défis : la libéralisation totale du courrier. Et cela, dans un contexte de diminution des volumes pour cause de concurrence d'internet. Le 1er janvier 2011, toutes les activités de La Poste seront ouvertes à la concurrence. Une ouverture des services postaux qui met fin au  monopole historique de La Poste dans la distribution du courrier de moins de 50 g et qui est le troisième et dernier volet d'une série de mesures lancées par la Commission européenne depuis 1997. Cette libéralisation du secteur, voulue par la Commission, a entrainé de nombreux changements dans l'organisation du groupe.  On s’en souvient. Il y a presque un an, le 1er mars 2010, La Poste, cette institution créée sous Louis XI,  devenait  une société anonyme (SA) à capitaux publics. Pour autant, le groupe devait continuer ses missions de service public, au premier rang desquelles le service postal universel.

Nul doute, ce changement de statut, bien que décrié, était nécessaire. Il a permis en effet aux deux actionnaires principaux, l'Etat et la Caisse des dépôts, d'annoncer, en octobre, une augmentation de 2,7 milliards d'euros du capital du groupe La Poste. Une augmentation de capital, joliment négociée par Jean-Paul Bailly pour permettre à La Poste de se désendetter et de financer de nouveaux investissements. En ligne de mire donc, l’innovation et la performance sur un marché devenant hautement concurrentiel. Mais 9 milliards d’euros à investir d’ici 2015..ce n’est pas si mal, dans un contexte général de réduction des dépenses publiques. Jean-Paul Forceville, directeur des relations extérieures de La Poste, se dit d’ailleurs serein : "On a eu le temps de voir venir la chose". Selon lui, La Poste s'est préparée à cette ouverture en renouvelant son réseau de centres de tri et son plan marketing. On comprend mieux, dans ces conditions, le souhait de Nicolas Sarkozy de reconduire dans ses fonctions, Jean-Paul Bailly. 

Le problème de la limite d’âge

Si, donc, sa nomination, semble bien acquise, une difficulté pourrait bien surgir, au grand dam de Nicolas Sarkozy. Jean-Paul Bailly, polytechnicien et diplômé du MIT de Cambridge qui a effectué toute sa carrière dans le service public, est en effet âgé de 64 ans. Or les dirigeants de groupes publics ne peuvent exercer leurs fonctions que jusqu’à l’âge de 65 ans. Cette limite d’âge est d’autant plus embarrassante pour Jean-Paul Bailly que son mandat serait renouvelé pour une période de cinq ans. Alors de deux choses l’une : ou bien, le patron de La Poste devrait quitter son siège dans un an, à dater de sa nomination officielle, ce qui risque d’avoir des incidences sur la politique de développement de l’entreprise. Ou bien, Jean-Paul Bailly demeure en poste jusqu’à la fin de son mandat, soit en 2016. Et dans ce cas, il serait dans l’illégalité, sauf à ce qu’un décret régularise a posteriori celle-ci. Entre continuité du service et respect de la loi, il faudra sans doute trancher…

 
ghislaine39@msn.com
Je suis gestionnaire RH à la Poste, dans une petite unité RH. Mon poste, ainsi que celui de mes 4 collègues, va être supprimé fin juin 2011 (pour cause de regroupement dans de grandes unités RH plus productives soi-disant....) avec peu, voire aucune possibilité de reclassement à moins d'accepter un déménagement à plus 45 mn de nos domicile. Nous nous acheminons donc doucement mais sûrement vers des licenciements..... alors, plutôt que de parler de la valorisation des régions par le biais des timbres, il serait fortement souhaitable que Monsieur BAILLY prenne enfin en compte le désarroi de ces agents dont l'avenir professionnel est menacé à court terme sous prétexte de modernité.
sudoku
Entre un travail a 45 minute de ton domicile et le chomage, tu choisi le chomage. Ne crois tu pas que tu exagere quand meme?? Combien de personnes actuellement au chomage ou meme qui travaillent serait content d'avoir un job a 45 minutes de chez eux. Ler pire c'est que des gens comme toi trouve cela scandaleux, moi ce que je trouve scandaleux c'est que tu vas profiter d'un systeme paye par des travailleurs qui pour la pluspart des trajet bien superieur a 45 minutes. c'est de l'egoisme.
Bonnard
Des milliers de franciliens sont à plus de 45 mn de leur travail: il ne faut peut-être pas exagérer ! On sait que la poste n'est pas un modèle de gestion RH: les dizaines de CDD accumulés par certains de vos contractuels en sont la preuve. Etes-vous sur qu'à votre niveau, vous avez tenu compte du désaroi de ces personnes qui ne sont pas agent? Je ne parle pas du service rendu aux usagers (clients?)

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