Et un merci énorme a mon suppléant @prematc pour son soutien continu. Enfin un autre meeting de campagne ensemble! #legislatives2012
Le psychodrame de l’UMP à Paris continue
Le psychodrame de l’UMP parisien pour les sénatoriales n’en finit plus. Ce matin les conseillers de Paris se sont réunis pour désigner les 2151 délégués supplémentaires, ces grands électeurs qui éliront les sénateurs dans la capitale fin septembre. Chaque liste ou parti présente sa liste de noms, généralement des militants. Le vote a lieu à bulletin secret. Surprise, à l’annonce des résultats, les conseillers de Paris réalisent que la liste UMP dissidente de Pierre Charon, cet ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, et de Jean-François Legaret, maire UMP du 1er, pourrait être en mesure d’emporter un siège de sénateur.
« On a fait un bon coup »
La liste UMP officielle, soutenu par Nicolas Sarkozy, François Fillon et menée par la ministre des Sports Chantal Jouanno, n’a pas fait le plein des voix. Seuls 36 conseillers de Paris UMP se sont portés sur cette liste. Celle présentée par les dissidents Legaret et Charon a fait 13 voix. Elle n’en attendait que 10…
Après l’annonce des résultats, les maires frondeurs ne cachent pas leur joie. « On a fait un bon coup », lance l’un des élus dissidents dans les couloirs, selon un conseiller de Paris. « C’est une belle victoire. C’est encore mieux que ce qu’on pouvait espérer », se réjouit Jean-François Legaret, interrogé par publicsenat.fr. « Nous avons fait cette liste indépendante parce que la liste officielle ne tenait aucun compte des avis que nous avions formulés. On nous a fait comprendre que nous étions dans une relation de rapport de force. Et bien démonstration est faite que nous existons dans ce rapport de force », prévient le maire du 1er. Les dissidents peuvent sérieusement espérer prendre un siège à la liste UMP officielle, qui n’aurait plus que 3 élus. C’est l’ex-conseiller de François Fillon, Daniel-Georges Courtois, en 4e position, qui en ferait les frais.
« Tout cela montre l’état de déliquescence de la droite parisienne »
Pour rajouter du piment à l’affaire, qui n’en manque pas, la liste du PS a obtenu une voix de plus… C’est très certainement celle d’un conseiller de Paris UMP, rapportant environ 13 grands électeurs de plus aux socialistes. De quoi aider la gauche, qui compte 7 sénateurs à Paris, à emporter un 8e siège au détriment de la majorité. « Tout cela montre l’état de déliquescence de la droite parisienne et la guerre permanente qui existe. Elle n’arrive pas à se mettre d’accord. C’est toujours la même chose. Il y a eu le combat Tiberi-Seguin, Panafieu-Lamour-Legaret. Ça fait 10 ans que ça dure », décrypte le seul conseiller de Paris Modem, Jean-François Martins. Lui aussi a présenté sa liste de grand électeur. S’il est le seul à avoir voté pour, ses 13 grands électeurs (qui respecteront normalement ses consignes de vote) pourraient jouer dans la balance.
Au centre, le sénateur Nouveau centre Pozzo di Borgo doit lui aussi faire face à une concurrence interne. Sa liste a recueilli 9 votes sur 11 possibles. Celle du dissident Christophe Saint-Etienne 2. Sa réélection risque d’être difficile.
A gauche, Europe Ecologie-Les Verts a eu 11 voix, la liste des communistes et parti de gauche 10, le MRC 1 voix.
Conciliabule improvisé
Face à ces événements, Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris, François Lamour, président du groupe UMP au conseil de Paris et l’ancien maire de la capitale Jean Tiberi sont restés après le vote à l’intérieur de la salle pour un conciliabule improvisé. Devant la caméra de Public Sénat, Philippe Goujon minimise pourtant ce « mini-rebondissement ». Et pointe du doigt les tensions qui pourraient naitre chez les dissidents : « Aujourd’hui la dissidence est dans la dissidence, puisque cette liste est animé par deux conseillers de Paris qui souhaitent l’un et l’autre avoir la tête de liste », en l’occurrence Legaret et Charon.
Regardez Philippe Goujon :
Alors que Jean-François Legaret demande de « rouvrir les négociations » sur la liste officielle, Philippe Goujon ferme la porte : « Cette liste ne changera pas. Elle a été adoubée à l’unanimité par la commission d’investiture », tranche le maire du XVe. Il reconnaît cependant que l’histoire n’est pas finie : « Nous ne sommes pas au bout de nos surprises je pense ».
Au final, ce succès des maires frondeurs pourrait ne rien changer pour la droite en vue des sénatoriales. Si la majorité a 5 sièges (4 UMP et 1 NC) actuellement, elle ne pouvait espérer que difficilement les conserver tous avant même le résultat de ce matin. L’UMP conserverait donc comme prévu 4 sénateurs, dont un dissident. Quant à Rachida Dati, maire du VIIe, elle aurait peut-être voté pour la liste dissidente, après avoir affirmé cette semaine s’être finalement ralliée à la liste officielle. L’ex-garde des Sceaux voit d’un mauvais œil les ambitions parisiennes de François Fillon pour les législatives de 2012 et municipales de 2014. Et la liste UMP pour les sénatoriales portent l’empreinte du premier ministre. Le patron de l’UMP Jean-François Copé le sait et a laissé faire la fronde des Legaret et Charon. Lui non plus n’aimerait pas voir le premier ministre compliquer son chemin vers l’Elysée pour… 2017 ! Car derrière la guerre de tranchée au sein de la droite parisienne pour les sénatoriales, d’autres élections et ambitions s’entrechoquent.

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