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Régions: les présidents de gauche réclament l'arrêt de la réforme territoriale
Vingt-deux présidents de régions de gauche ont réclamé vendredi, à l'occasion de leur réélection à la tête des assemblées régionales, l'arrêt de la réforme territoriale engagée par le gouvernement.
« Nous, présidents de région, demandons au gouvernement de renoncer immédiatement au projet de réforme des collectivités locales qu'il veut faire adopter à marche forcée au Parlement », écrivent-ils dans une déclaration commune dont l'AFP s'est procuré une copie.
Le très controversé président divers-gauche de Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, n'a pas été associé à cette démarche.
« Le gouvernement voulait faire de l'élection régionale un référendum sur la réforme des collectivités locales. Ce référendum, ce sont les régions qui l'ont gagné! », soulignent les présidents signataires.
La mesure principale de la réforme territoriale, la création d'un conseiller territorial qui siègerait à la fois aux assemblées régionales et départementales à partir de 2014, est vivement critiquée à gauche par les présidents de région, qui y voient notamment « la départementalisation de la région », et par les présidents de départements, qui craignent la disparition de leur collectivité.
Une loi sur la concomitance des mandats des conseillers régionaux et généraux a été adoptée avant les élections régionales. La création du conseiller territorial a été adoptée en première lecture à l'Assemblée. Le Parlement doit encore examiner deux textes sur le sujet, l'un sur le système électoral et l'autre sur la répartition des compétences entre départements et régions.
Les présidents signataires du texte ont demandé aussi le retrait du projet de loi du Grand Paris, « que les Franciliens ont, à travers leur vote, clairement rejeté », affirment-ils.
Ce projet vise à créer un nouveau réseau de transport automatique en Ile-de-France. Il a été voté le 1er décembre par l'Assemblée nationale, suscitant l'unanimité contre lui à gauche mais aussi de fortes critiques à droite. Il doit être examiné par le Sénat à partir du 6 avril.
En ce qui concerne l'outre-mer, les présidents de région exigent « de conditionner toute évolution institutionnelle ou statutaire dans les collectivités d'outre-mer à une demande préalable exprimée par les élus de ces territoires ».
Ils demandent aussi que le gouvernement s'engage « résolument dans une nouvelle étape de la décentralisation », en donnant aux régions, à l'image des autres pays en Europe, « les moyens institutionnels et financiers de leur développement, gage de politiques publiques au plus près des besoins des Français ».
« Faute d'obtenir satisfaction », poursuit la résolution, « les régions dont la détermination est encore renforcée par le résultat de l'élection, n'auront d'autre choix que de remettre en cause certains de leurs engagements envers l'Etat pour consacrer leurs énergies et leurs ressources aux projets validés par le vote des Français ».

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