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Révision constitutionnelle : « Nous n’avons pas de leçons à recevoir ! » la réponse de Philippe Bas à Manuel Valls

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S.B
Le 16.03.2016 à 16:05

Alors que Manuel Valls a « profondément regretté » mercredi que la droite sénatoriale prenne le « contre-pied du consensus » sur l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution, le président LR de la Commission des lois du Sénat lui rappelle que la Haute Assemblée a « constamment été à la hauteur dans la lutte contre le terrorisme ».

Deuxième orateur, après le Premier ministre, de la discussion générale sur la révision constitutionnelle, Philippe Bas n’a pas accepté les exhortations de Manuel Valls sur la version du texte adoptée la semaine dernière en Commission des lois du Sénat. A l’inverse des députés, les sénateurs ont,  en effet, souhaité inscrire noir sur blanc que la déchéance ne puisse concerner qu’une personne « disposant d’une autre nationalité que la nationalité française ». Visant nommément le président de la Commission des lois, Philippe Bas, et l'ancien ministre de la Justice Michel Mercier, Manuel Valls a dénoncé une « posture » avant d’interroger ouvertement ses interlocuteurs : « quelles sont les intentions de la majorité sénatoriale ? Quel message est ici envoyé aux Français ? Souhaitez-vous vraiment remettre en cause une décision qui a su rassembler, à l'Assemblée nationale, les deux grandes familles politiques ? Dans quel but ? (...) C'est, je le dis, ici très tranquillement, très sereinement, une très lourde responsabilité ! »

A la tribune, Philippe Bas a rappelé le travail de la Haute assemblée dans la lutte contre le terrorisme. « Nous avons soutenu et renforcé la loi du 21 décembre 2012 contre le terrorisme. De nouveau, nous avons soutenu et renforcé la loi du 13 novembre 2014. Le 24 juillet 2015, la loi sur le Renseignement a été promulguée, j’en ai été le rapporteur (…) le 20 novembre dernier, le 19 février dernier, quand il s’est agit d’apporter notre soutien à l’état d’urgence, le Sénat n’a pas marchandé son appui ». Avant de conclure sous les applaudissements. « C’est dire si nous n’avons pas de leçons à recevoir en ce qui concerne l’unité de la représentation nationale pour la lutte contre le terrorisme ».

Sur sa lancée, le président de la Commission des lois a aussi corrigé les propos du Premier ministre concernant « le consensus » de l’Assemblée nationale lors du vote de la révision constitutionnelle. «Monsieur le Premier ministre, je vous demande de retirer ce terme ».  Il n’y a pas eu consensus à l’Assemblée nationale (…) Il y a eu un compromis. Consensus et compromis, ce n’est pas la même chose ».  Selon lui, « beaucoup de députés ont exprimé leurs attentes à l’égard du Sénat. Ceux là n’ont accepté de se prononcer sur la révision constitutionnelle que parce que nous avions pris l’engagement de réécrire le texte. Ils ont vis-à-vis de nous une très forte attente. Nous ne souhaitons pas naturellement la décevoir » a-t-il assuré.