Réunion publique très réussie a joué les tours ce soir avec Mehaignerie.Qui a parlé de "vague rose"?
A Toulon, le candidat Sarkozy prône plus d’Europe face à la crise
Toulon, le retour. C’était dans la préfecture du Var que le chef de l’Etat avait tenu un discours sur la crise en 2008. La banque Lehman Brothers venait de faire faillite et Nicolas Sarkozy dénonçait les « dérives » du capitalisme. Trois ans après, la crise s’est aggravée et le Président est à 5 mois de l’élection présidentielle.
Dans la forme, comme dans le propos, c’est bien un discours de candidat que Nicolas Sarkozy a tenu. Environ 5000 personnes étaient rassemblées au Zénith de Toulon. Le dispositif rappelle 2007 : larges plans panoramiques par une caméra louma, Nicolas Sarkozy seul sur scène debout face à son pupitre, un fond bleu, un ton solennel et une Marseillaise de clôture. L'ensemble pourrait donner raison aux socialistes qui reprochent au Président d’utiliser les moyens de l’Etat en vue de sa réélection.
Hollande ciblé
Le PS et le candidat Hollande ont justement été la cible de Nicolas Sarkozy à plusieurs reprises durant son discours : « La retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves » ; « La réforme des retraites ne pouvait plus être différée. Contester cette réalité, c’est mentir gravement aux Français. Permettre la retraite à 60 ans sans prévoir le financement de cette mesure était une décision socialement injuste ». Il dénonce la VIe République, défendue par Arnaud Montebourg. Puis, en référence au difficile accord entre PS et écologistes, il ajoute : « Les plus anciens ont connu l’époque des marchandages entre partis. Le résultat fut l’abaissement, la confusion (…). C’est une fantaisie coupable que la France ne peut en aucun cas se permettre ». Ou encore, au sujet d’un élément de l’accord : « Renoncer à notre place de membre permanent au Conseil de sécurité serait une faute invraisemblable ».
Le Front national est aussi la cible de Nicolas Sarkozy quand il affirme que « l’isolement n’est pas une solution. (…) La fermeture serait mortelle pour notre économie ». Le Président ajoute : « Les sociétés fermées n’ont qu’un destin possible : le déclin économique, intellectuel, moral ».
« Ce n’est pas le moment de nous replier sur nous même », avertit le chef de l’Etat, « c’est le moment de travailler, d’investir, d’entreprendre ». En janvier, Nicolas Sarkozy invitera « les partenaires sociaux à participer à un sommet sur l’emploi ».
« L’Europe, ce n’est pas moins de souveraineté »
Dans son discours, Nicolas Sarkozy reprend des intonations de 2008. Il dénonce « l’idéologie du laisser-faire », « les ravages » de la mondialisation. Il a surtout insisté sur la nécessité des convergences avec l’Allemagne. « Ça ne veut pas dire que l’une se mette à la remorque de l’autre », souligne-t-il, en réponse aux critiques de la gauche.
Puisque « l’Europe n’est plus un choix, (mais) une nécessité », « la France milite avec l’Allemagne pour un nouveau traité européen refondant et repensant l’‘organisaiotn de l’Europe », a annoncé le chef de l’Etat, qui affirme que le Traité de Maastricht « s’est révélé imparfait ». Cette Europe, c’est « plus de discipline, plus de solidarité, (…) un véritable gouvernement économique ». Nicolas Sarkozy l’assure, « ce n’est pas la marche vers plus de supranationalité ». « L’Europe, ce n’est pas moins de souveraineté, c’est plus de souveraineté car c’est davantage de capacité à agir », ajoute-t-il.
Se rangeant à la position allemande, Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour des « sanctions plus rapides, plus automatiques, plus sévères ». Il demande aussi que « chaque pays de la zone euro » adopte une règle d’or. Quant au rôle de la Banque centrale européenne, il se range à la position allemande. Berlin n’a jusqu’ici pas accepté que la BCE puisse faire jouer la planche à billet pour racheter les dettes des pays de la zone euro, ce que demande Paris. « La BCE est indépendante, elle le restera », a assuré le Président. Précision utile : « Ce processus sera nécessairement difficile et long », reconnaît Nicolas Sarkozy. Problème : la crise n'attend pas.

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