Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy… les écologistes ont subi de nombreuses pertes aux élections municipales après leur percée de 2020. Le signe d’un parti qui peine, à l’inverse d’il y a six ans, à apparaitre comme une force motrice à gauche, à l’heure où les propositions écologiques locales sont reprises par ses adversaires, y compris à droite.
La victoire de Grégory Doucet à Lyon a médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole, alors que celle-ci dispose d’un budget et de compétences bien plus importantes. La droite conduite par Véronique Sarselli dispose d’une majorité confortable, si la coalition formée autour de Jean-Michel Aulas se maintient telle quelle.
Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe à l’automne 2021 a remporté 17 villes de plus de 30 000 habitants aux élections municipales. Sa présence dans la France très urbaine est globalement stable, bien que marquée par la perte brutale de Nice, cinquième ville de France. Grâce à son maillage de petites villes, Horizons revendique une progression territoriale.
ANALYSE – Rachida Dati a perdu son pari électoral dans la capitale, même si elle reste maire du 7e arrondissement. Entre les effets de bord de la loi PLM, qu'elle a elle-même soutenue, et les tensions locales avec Horizons et Renaissance malgré un passage au gouvernement, retour sur une campagne où la cheffe de file de la droite parisienne, réputée pour son franc-parler et sa détermination, semble avoir fini par se couper d’une partie de son électorat.
Fort d’une progression dans les conseils municipaux et de la prise de plusieurs villes moyennes, surtout dans le Sud et le Nord-Est, le Rassemblement national engrange une bonne performance en demi-teinte pour ces élections municipales. En cause, sa difficulté à gagner dans les grandes villes comme Toulon et Nîmes. Performance qui ne l’empêcherait pas de former un groupe RN au Sénat en septembre prochain, selon le chercheur Gilles Ivaldi.
Candidat d’une union de la droite et du centre, Jean-Michel Aulas n’est pas parvenu à déloger l’écologiste Grégory Doucet de la mairie de Lyon. L’ex-président de l’Olympique lyonnais, pourtant favori dans les sondages il y a encore quelques mois, a-t-il raté sa campagne ? « Il est sans doute un grand industriel, mais il n'a pas complètement fait le job », analyse, sur le plateau de Public Sénat, l’éditorialiste Hubert Coudurier.