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FO : « Le gouvernement nous oblige à engager une partie de bras de fer»
Misant sur une forte mobilisation de la rue ce mardi, Bernard Devy, secrétaire confédéral Force Ouvrière en charge des retraites, garantit que « c’est dans l’unité que les organisations pourront obtenir quelque chose du gouvernement » . Entretien
Dans quel état d’esprit sont les syndicats à l’approche de la manifestation de demain ?
Nous sommes déterminés. Malgré la coupure estivale, on sent une forte mobilisation. Il y a un ras-le-bol des salariés qui savent bien que l’avenir des retraites c’est aussi une question d’emploi. Ensuite, personne n’est dupe. Cette réforme qui pèse lourdement sur les salariés n’est pas financée. On accumule les déficits jusqu’en 2018, et quand on regarde les chiffres, il manquera toujours 4 milliards d’euros à cette date. On est dans l’incertitude par rapport à la mobilisation de demain, mais toutes ces raisons poussent à ce que l’action syndicale soit un franc succès.
Quelles seront les suites données à la journée de mobilisation de demain ?
Il y a aura des rencontres au lendemain du 7 septembre pour prendre des mesures d’action. Il serait prématuré d’annoncer quoi que ce soit. Pour l’instant, nous voulons profiter de ce débat au Parlement. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Nous sommes toujours dans une logique de retrait dans la mesure où ce ne sont pas les bonnes mesures, et qu’elles vont toucher les salariés les plus fragiles. Et ce ne sont pas les sujets de la pénibilité, des longues carrières et des polypensionnés, que le gouvernement entend porter devant le Parlement qui pourront nous satisfaire.
Depuis les débats en commission des affaires sociales en juillet dernier, nous n’avons plus de contact avec le ministère du Travail, alors que le gouvernement avait déclaré qu’il reviendrait vers nous d’ici la rentrée. Pour le moment, nous n’avons toujours pas vu la trace des projets du gouvernement. Comment voulez-vous dans ces conditions qu’on n’aille pas avec une confrontation avec lui ? On est dans une situation où le gouvernement oblige les organisations à engager une partie de bras de fer.
Un ministre du Travail affaibli par le contexte actuel n’est-il pas finalement un atout pour les organisations syndicales ?
Dans la mesure où il s’agit du ministre qui défend la réforme phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les problèmes d’Eric Woerth ont inévitablement une incidence sur ce dossier. Sa situation ne permet pas un débat serein. Ça peut arranger le gouvernement comme ça peut le desservir. On verra ça après demain.
Certaines organisations syndicales, notamment la CFDT sont sur une ligne moins radicale que la vôtre. L’unité des syndicats est-elle solide sur ce dossier ?
On a eu et on a une interrogation, notamment après l’entretien accordé par François Chérèque au quotidien Le Monde il y a quelques jours, dans lequel il parlait de 4 conditions pour dénouer le conflit. Cette position est dangereuse avant une manifestation comme celle de demain. Je ne vois pas pourquoi les organisations syndicales commenceraient à faire des concessions alors même que le gouvernement n’a pas encore dévoilé ses positions. J’espère que les organisations syndicales sont conscientes que c’est dans l’unité qu’on pourra obtenir quelque chose du gouvernement.
Un sondage Ifop de ce week-end montre que si 70% des français soutiennent le mouvement de grève, 53% jugent « acceptable » le passage de 60 à 62 ans. Comment analysez-vous ce paradoxe ?
Dans les 50%, il y a aussi les retraités qui sont questionnés, c’est-à-dire des personnes libérées des contraintes des retraites, et soucieuses de voir leurs retraites financées par un maximum de salariés. Ils sont donc plus enclins à dire oui. Paradoxalement ils sont solidaires, mais parce qu’ils sont soucieux du maintien de leur pouvoir d’achat que les syndicats défendent.




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