L'Observatoire de la parité, « une très belle expertise » pour Michèle André

+A -A
Benoît Pelloquin
Le 01.07.2010 à 13:30
Michèle André -

La réforme des collectivités territoriales engagée par le gouvernement et discutée actuellement au Sénat comporte une mesure qui risque d'avoir une incidence sur le respect de la parité dans le milieu politique. La création du conseiller territorial à la place des conseillers généraux et régionaux et son mode de scrutin envisagé (majoritaire uninominal à deux tours) y est ainsi contraire.

Alors que, ce matin, François Fillon a installé à Matignon l'Observatoire de la parité entre hommes et femmes, la sénatrice PS du Puy-de-Dôme Michèle André donne son sentiment et parle de « très belle expertise », même si sur la parité, il y a encore du chemin à parcourir. Entretien.

Quelle est votre réaction après l'installation de l'Observatoire de la parité ce matin ? Y êtes-vous favorable ?
J’en fais partie de droit comme Présidente de la délégation du Sénat aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. L’observatoire est une très bonne chose, pour proposer et dénoncer des mauvaises pratiques. Le problème est qu’il ne faut pas que ce soit un souci dont personne se sert. Il s’agit d’une très belle expertise à l’Observatoire de la parité. C’est un outil gouvernemental dont les associations de tous bords et la société civile doivent participer. Le Premier ministre a laissé les postes vacants pendant 15 mois (depuis mars 2009). Cela est dû à une carence. Les ministres changent, chacun avait son avis, son point de vue. C’est tout à fait inadmissible.

Comment fonctionne l'Observatoire de la parité?
C’est un outil ancien qui a 15 ans et qui fera le même travail aujourd’hui. Nous avons regardé ce qu’il y a à faire, l’égalité des salaires, la contraception… Oui, c’est un espace de réflexion. Après s’il n’y a que l’Observatoire, cela ne va pas mener à grand chose. Il ne faut pas s’arrêter à ça. Mais les parlementaires, leur responsabilité c’est de s’en servir dans les missions de contrôle du gouvernement. Le Premier ministre, entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, c’est différent.

Pensez-vous que la réforme des collectivités territoriales va mettre à mal la parité dans le monde politique
Si le mode de scrutin reste comme il est, oui. Pourquoi ? Il y a ceux qui font de la communication et la politique réaliste. On ne bouge pas d’un iota. C’est une espèce d’apparence. Brice Hortefeux pense qu’en sanctionnant les partis, à savoir 4 100 000 € de pénalité pour l'UMP car ils ne représentent pas de femmes, cela suffit. C’est de la poudre aux yeux. C’est le combat politique, c’est le jeu.

Vous proposez l’instauration d’un scrutin binominal où il faudrait élire deux candidats de sexe différent ? Comment le metteriez-vous en place ?
Ce n’est pas difficile, au lieu de découper en cantons de 10 000 habitants, on découpe en cantons de 20 000 avec une homme et une femme candidats. Les femmes sont partout citoyennes, elles votent. Il n’y aurait donc pas de problème géographique ou démographique.

N’avez-vous pas l’impression que l’on fait marche arrière au niveau de la parité hommes-femmes en politique (par exemple, seulement deux femmes présidentes de régions) ?
Quand le Président de la République, du Sénat et de l’Assemblée Nationale nomment une personne et que c'est un homme, il y a des défaillances. Nous sommes en fin d’année scolaire et s’il y avait des copies à rendre, ils n’auraient sûrement pas la moyenne !

 
Sur le même thème :

Réagir

A la une

Plans sociaux : après la trêve, la menace ressurgit

Après le plan de départs volontaires annoncé chez Air France, d’autres plans sociaux pourraient survenir dans les mois à venir et donner du fil à retordre au nouveau gouvernement.

Législatives 2012 : les ministres et personnalités en campagne

D’ici le 10 et 17 juin prochain, parmi les 6541 candidats, de nombreuses personnalités de gauche et de droite vont mener campagne avec plus ou moins de facilité.

Le procès du Mediator reporté pour une question de procédure

Le tribunal correctionnel de Nanterre a décidé lundi de reporter de plusieurs mois le premier procès pénal du Mediator, un médicament accusé d'avoir causé au moins 500 morts, dans lequel comparaissent Jacques Servier et les Laboratoires éponymes.