Niche « Girardin » : encore plus fort que le bouclier fiscal

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Laurent Berbon et Flora Sauvage (images)
Le 14.01.2011 à 19:30
Une niche fiscale de taille qui dénote en cette période de rigueur budgétaire. La loi Girardin de 2003 votée pour favoriser le développement des DOM-TOM est devenue au fil des années un avantage fiscal très coûteux profitant à une poignée de contribuables bien lotis. C’est ce que pointe du doigt une enquête du nouvel Observateur. Loin d’être efficace, ce seul dispositif aurait coûté en 2009 plus cher à la collectivité que le bouclier fiscal.

Plus fort que le bouclier fiscal, la loi Girardin. Voté en 2003, ce dispositif fiscal qui permet de déduire de sa déclaration de revenus des investissements réalisés dans les DOM-TOM aurait coûté à l’Etat 767 millions d’euros en 2009, alors que le très impopulaire bouclier fiscal n’a fait sortir des caisses de l’Etat « que » 679 millions d’euros. Plus gênant, cette niche fiscale n’aurait bénéficié qu’à une douzaine de milliers de contribuables, parmi lesquels des patrons du CAC 40 et d’autres grandes fortunes, qui se voient par magie partiellement ou totalement exonérées de l’impôt sur le revenu. Un rapport de la commission des Finances de l’Assemblée de 2008 a fait le calcul : « 44 contribuables se sont partagé 80 millions d’économies d’impôt », rapporte le Nouvel Observateur.

 Vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Charles de Courson enfonce le clou. « Les premiers bénéficiaires sont les quatre ou cinq sociétés qui commercialisent ces produits financiers ». « La moitié de ce dispositif ne profite pas à l’Outre-mer mais à des gens aisés qui n’ont rien à faire des Dom Tom », ajoute le député Nouveau Centre, expliquant sur un plan plus général que « ces systèmes de défiscalisation aboutissent à un certain détournement ». Un constat appuyé par le Nouvel Observateur qui relève que les effets de ce dispositif sur l’économie locale « sont parfois douteux » et « profitent souvent aux grands groupes ».

Du coté du Sénat, c’est aussi l’incompréhension. Nicole Bricq (vidéo), vice-présidente socialiste de la commission des Finances de la Chambre haute dénonce « une niche très limitée à quelques contribuables bien conseillés qui trouvent là une mesure d’optimisation fiscale ». « Il y a des sociétés qui se sont créées pour apporter ce conseil patrimonial à ceux qui ont la capacité de s’exonérer de l’impôt sur le revenu. Ça coûte très cher aux finances publiques », constate la sénatrice de la Seine-et-Marne.

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Supprimer les niches fiscales ?

Pour le président de la commission des Finances, Jean Arthuis, l’exemple de la niche « Girardin » pose le problème plus global des niches fiscales. « Il faut parler des niches fiscales qui sont d’une complexité extraordinaire, qui privent l’Etat de ressources considérables et donnent lieu à des opérations d’optimisation extraordinaires. C’est un champ merveilleux pour tous les spécialistes en fiscalité qui conseillent les contribuables dont les revenus sont les plus élevés », souligne le sénateur centriste.

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Une niche fiscale sur laquelle le gouvernement aura l’occasion de se pencher prochainement puisqu’un rapport complet sur la totalité des niches sera rendu en juin par l’Inspection générale des Finances. Mais pour Charles de Courson, la meilleure solution « pour y voir plus clair » serait de revenir au moins « pour partie » au système des « subventions d’investissement ». Avis que partage Nicole Bricq. « Il faut apporter des mécanismes de subventions clairs et objectifs, parce qu’une niche quand elle est créée ne coûte pas très cher en général, mais le problème c’est qu’au fur et à mesure elles galopent, et celle-là a bien galopé », note la socialiste. « Il faut sortir le plus vite possible de ces niches fiscales qui polluent la fiscalité française », surenchère Jean Arthuis. Et qui de mieux qu’un ancien ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Juppé pour demander la suppression des niches fiscales ? A bon entendeur…

 
laguna
Lettre ouverte à Mr De Courson, qui lance le bouchon un peu loin, et qui devrait mieux s'infiormer, avant de parler d'un sujet qu'il ne maitrise pas, semble-t'il: Mr le Député, J'ai lu avec intérêt vos propos sur la niche Girardin rapportés dans Publicsenat. Je me permets par ce mail de vous apporter un autre éclairage sur la loi Girardin. Il se trouve que j’ai moi-même investi comme 4000 autres personnes dans des Girardin solaires et que nous sommes aujourd’hui victimes d’une rectification d’impôts par le fisc pour les années 2007/2008/2009/2010 Dans cette affaire qui va faire beaucoup de bruit ,et dont je vous épargnerai les détails dans ce mail ,nous sommes victimes d’un escroc qui a proposé un montage validé par un inspecteur des finances en 2008. Les deux personnes sont aujourd’hui poursuivies et seront jugées en mars. L’Etat au courant de ces faits (le fonctionnaire a été mis à pied des 2009 ) a permis par son inertie la poursuite de ces montages jusqu’en 2010. Au-delà de ces détails ,je voudrais vous faire part des remarques suivantes : Ceux qui ont investis dans cette loi ne sont pas tous des patrons du CAC 40. Beaucoup sont des petits porteurs et se retrouvent très gênés par la rectification. Utiliser la loi pour réduire ses impôts ne me parait pas une faute. La plupart des gens le font ne serait ce qu’à travers les dons, les aides à domicile ect. Si les députés prévoient ces réductions d’impôts ,c’est qu’elles doivent présenter un intérêt quelque part pour la communauté. Les députés passent leur temps à proposer des lois dans la hâte et donnent l’impression de n’en assurer aucun suivi. Dans le cas présent ,je vous suggère d’analyser la façon dont cette loi a été votée et dont le suivi a été effectué. Après quoi ,vous pourrez déterminer qui ,des investisseurs , des députés ou de l’Etat méritent votre opprobre. Si un minimum de suivi avait été assuré ,l’Etat n’aurait pas laissé perdurer pendant 4 ans la situation que vous critiquez aujourd’hui . Pour les victimes du redressement que nous sommes ,tout se passe comme si l’Etat avait ouvert un piège à contribuables en 2007 ,constaté les dérives en 2008 et laissé pourrir la situation par manque de courage politique ou par laisser aller. Je suis à votre disposition à travers l’association ADIGIP qui regroupent les victimes pour vous apporter toutes les informations que nous avons recueillies sur la question et qui donnent à certains d’entre nous l’envie de renvoyer leur carte d’électeurs devant une telle incompétence . J’espère que vous voudrez bien étudier notre dossier et vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Député, l'expression de ma haute considération

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