Douillet au gouvernement : «On n’a pas l’impression que c’est son job», selon Corinne Lepage

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François Vignal
Le 29.06.2011 à 19:56
douillet - AFP
David Douillet.
© AFP

Présidente de Cap 21 et députée européenne, Corine Lepage critique le remaniement. «Les Affaires européennes sont la variable d’ajustement pour des raisons politiques», dénonce-t-elle. Pour l'ex-ministre de l'Environnement, l’arrivée de David Douillet vise à «préparer dans le bon sens» l’élection des députés des Français de l’étranger. Entretien.

Vous critiquez sur Twitter le remaniement, parlant de « débauchage, cadeau et financement de la campagne UMP ». Pourquoi ?
Il y a deux choses que je trouve un peu choquantes. Déjà la création d’un secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères chargé des Français de l’étranger, avec David Douillet, parce que tout simplement, c’est un poste dont on ne voit pas très bien l’objectif, si ce n’est de préparer l’élection pour l’UMP. Je trouve ça un peu choquant. C’est la première fois qu’on va avoir des députés des Français de l’étranger élus, avec un nouveau système. Il y a beaucoup de préparation autour de tout cela. L’objectif est de préparer cette élection dans le bon sens. Quand à David Douillet, c’est un champion olympique de judo. Il est remercié pour services rendus, c’est très bien. Mais on n’a pas tellement l’impression que c’est son job.

Ensuite, en tant que députée européenne, je ne trouve pas normal, même si je respecte Jean Leonetti, qu’on change tous les 6 mois de ministre des Affaires européennes, que ce soit la variable d’ajustement du gouvernement pour des raisons politiques. Alors qu’on sait l’importance de l’Europe, le ministère des Affaires européennes apparait comme un ministère qu’on donne, quand même pas à n’importe qui, mais à des personnalités qui feraient ça comme elles feraient autre chose. C’est très choquant. On en est au 5e ministre depuis 2007 ! Ça donne l’impression que ce ministère ne sert à rien.

Et la place des femmes ?
Dans ce gouvernement, il y a de moins en moins de femmes. L’une part et aucune ne rentre. Par rapport au premier gouvernement Fillon, le nombre de femmes s’était déjà réduit. Ça continue. Quant on prêche la parité, on en est très très loin…

En nommant des centristes, Nicolas Sarkozy cherche-t-il à isoler Jean-Louis Borloo ?
Oui je pense que c’est son objectif, même si le Président n’a pas nommé les très proches de Jean-Louis Borloo. Il est dans une situation très difficile : il se dit dans la majorité tout en étant très critique. Quant à la nomination de secrétaires d’Etat, Nicolas Sarkozy voulait au début de son quinquennat en réduire le nombre. Là on les démultiplie. Il y en a certains dont les Français ne connaissent même pas le nom.

Ce remaniement, c’est aussi les chaises musicales… Qu’est-ce que ça vous inspire ?
C’est assez logique que François Baroin prenne la place de Christine Lagarde. C’est probablement ce qu’il y avait de mieux à faire. Je crois que Bruno Le Maire n’est pas très content. Plus surprenant, c’est Valérie Pécresse qui quitte l’Enseignement supérieur pour le budget. C’est une forme de promotion pour elle. Mais est ce-bien malin de changer ce ministère à 10 mois de la présidentielle ?

 
citoyen en colère
Un nid douilllet qui consiste encore à jeter de l'argent public par les fenêtres. Après on nous demandera de serrer la ceinture...(chose dont n' a pas à se soucier ce cher David, il est vrai).
citoyen républicain
toutes ces nominations qui puent l'esprit clanique et ou on voit de parfait incompétents se voir attribuer des postes a titre de remerciement ou de renvoi d'ascenseur seraient comique, si ce pays n'était pas dans la situation ou il se trouve

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