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Jean-Pierre Bel : portrait d'un socialiste presque comme les autres...
Dimanche 25 septembre 2011, le Sénat basculait à gauche. Aujourd’hui Jean-Pierre Bel se prépare pour l’élection du Président du Sénat du 1er octobre. Président du groupe socialiste depuis 2004, Jean-Pierre Bel, homme de convictions et combattant dans l’âme, livrait sur le plateau de Preuves par 3 le 8 décembre 2010 son parcours et sa vision de la politique. Le Sénateur socialiste ouvre l’émission en affirmant que « le Sénat est bafoué ». Pour lui, le Sénat doit exercer son rôle et s’affirmer.
Au fil de l’émission, Jean-Pierre Bel manifeste son intérêt pour la défense de causes politiques et se révèle sensible face aux injustices sociales, économiques et politiques. Ainsi, il affirme son « envie de défendre une conviction avec force », et qu’il est donc important de « se faire entendre ». Selon Jean-Pierre Bel, en politique, il est nécessaire d’équilibrer discrétion et prise de position. Il se présente comme l’homme de l’entre-deux. Il s’est révélé au grand public en prenant position dans le débat sur la réforme des retraites.
Néanmoins, beaucoup ignorent l’histoire du Sénateur socialiste. Engagé et détracteur des inégalités, Jean-Pierre Bel a grandi entouré de résistants.
Jean-Pierre Bel, le portrait d’un combattant
Le Sénateur socialiste admet avoir été « très imprégné par son enfance » affirmant, qu’il a été « entouré de gens qui avaient mené de grands combats » aux côtés des résistants. Ainsi, il raconte que la sœur de son père « était officier des Forces Françaises de l’intérieur », tandis que son oncle « était chef de réseaux dans la résistance » pendant que son père « maniait la mitraillette ». Un passé d’engagements qui semble avoir tracé la vie politique et engagée du Sénateur socialiste.
Faisant remarquer aux journalistes qui l’interrogent que cette expérience l’a marquée, il n’hésite pas à révéler que son engagement aux côtés de la jeunesse espagnole, alors bafouée par le régime franquiste, a été une étape fondamentale dans sa carrière politique. Et de confesser qu’il s’est rendu clandestinement dans l’Espagne franquiste organisant « des réseaux de solidarité pour des gens qui étaient poursuivis par la police espagnole ». Jean-Pierre Bel affirme que ces réseaux de solidarité ont permis aux jeunes espagnols « de continuer à vivre et aussi à travailler et à préparer la transition démocratique ».
Sa jeunesse engagée et tumultueuse contraste avec l’homme politique tel qu’il est connu aujourd’hui. En effet, il confesse aux journalistes avoir été « quelques jours derrière les barreaux ». « Comme beaucoup d’autres » souligne-t-il.
Une photo apparaît sur les écrans du plateau. Il s’agit de la révolution des œillets. Il relate les faits : « Après la révolution des œillets, la jeunesse en révolte, révolutionnaire, européenne, s’est retrouvée à Lisbonne […] nous avons passé un été là derrière ces colonels, ces militaires qui avaient en eux tellement de romantisme et d’espoir pour ce peuple et avec le peuple portugais, avec les jeunes portugais » Et de conclure « ce sont des souvenirs qui marquent, ça contribue à la formation politique ».
L’expérience socialiste de Jean-Pierre Bel
Il rejoint les rangs des socialistes vers la trentaine, s’installe dans l’Ariège où il est maire d’un village de 81 habitants. Pour le Sénateur, le « Parti socialiste représentait un grand espoir, la force de l’alternance ». D’après ses convictions, l’action politique doit être tournée vers les autres dont elle est le porte-voix. Rappelant que malgré les difficultés rencontrées par le Parti socialiste dans les années 90 (avec le suicide notamment du 1er ministre Pierre Bérégovoy en 93) les hommes politiques ne doivent pas oublier qu’ils sont là «pour faire passer des convictions et représenter des gens qui en ont bien besoin ». En d’autres termes, « il y a les amis du Fouquet’s et les autres ».
Son témoignage se clôt sur une « pensée » pour Lionel Jospin qui a été une sorte de « mentor » pour le Sénateur socialiste. Pour le président du groupe PS au Sénat, Lionel Jospin l’a « marqué en politique » car il lui a permis de « maîtriser » son «caractère tempétueux » et de développer en même temps « un sens des responsabilités et de la mesure ». Et de conclure « La synthèse qu’il incarnait pour moi était vraiment une référence. J’ai beaucoup d’affection, d’amitié pour Lionel Jospin ».

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