Longuet « confiant » sur les collectivités territoriales, mais il lui arrive de se « planter »

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François Vignal, avec Flora Sauvage (images)
Le 02.11.2010 à 18:25
longuet -
Attention, texte à haut risque. S’il « n’y aura pas de paralysie » mercredi pour la commission mixte paritaire sur la réforme des collectivités territoriales, le vote du Sénat n’est pas acquis. Les centristes sont divisés et pourraient faire pencher la balance d’un côté…comme de l’autre.

Le sujet occupe les sénateurs depuis des mois : la réforme des collectivités territoriales et la création du conseiller territorial. Mercredi, une commission mixte paritaire (7 sénateurs et 7 députés) se réunit pour obtenir un texte commun entre les deux assemblées. Si la CMP devrait aboutir, rien n’assure que le Sénat ne vote ensuite les conclusions de la commission.

En octobre, la CMP avait été repoussée d’un mois, faute d’accord entre UMP et centristes. Des centristes qui au Sénat sont en majorité critiques sur ce texte. Le travail de sape de l’Assemblée nationale sur toutes les modifications votées par la Haute assemblée n’a pas arrangé les choses. Mais pour la CMP de ce mercredi, l’unique sénateur centriste, Yves Détraigne, devrait s’abstenir. « Il fera en sorte de n’engager dans aucun sens les membres de son groupe. Le groupe est divers. Il y a des gens pour, il y a des gens contre, des gens qui ne savent pas très bien encore », explique Nicolas About (voir dans la deuxième vidéo), président du groupe centriste du Sénat, qui réunis des sénateurs du nouveau centre, du Modem et de l’Alliance centriste de Jean Arthuis. « Il n’y aura pas de paralysie de la CMP », présage pour sa part le président du groupe UMP du Sénat, Gérard Longuet.

Regardez Gérard Longuet :

Nicolas About rappelle les principales revendications centristes : « Le report du bloc de compétence » entre départements et régions et pour « certains », « le report du mode de scrutin à plus tard ». Les centristes souhaitent un mode de scrutin avec une dose de proportionnelle, plus favorable aux petites formations. Nicolas Sarkozy veut un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. A défaut de s’entendre tout de suite, on repousserait la question à un autre projet de loi, ce qui était prévu à l’origine.

« En séance publique, chacun se déterminera sur le texte qui sortira de la CMP », explique Nicolas About. « S’il n’y a pas de réelles avancées sur la partie compétence, comme sur la parité, je ne pourrai pas, à titre personnel, voter ce texte », ajoute le président du groupe centriste. D’autres sénateurs centristes donnent une lecture différente de la position de leur président de groupe : Nicolas About serait plus enclin à voter le texte en raison des prochaines sénatoriales de 2011. Il doit se faire réélire dans les Yvelines, le même département que le président UMP du Sénat Gérard Larcher…

Regardez Nicolas About expliquer la position du groupe :

Le sénateur nouveau centre Hervé Maurey attend aussi les conclusions de la CMP. Tout en prévenant : « Si le gouvernement ne fait pas des avancées substantielle, le texte ne sera pas adopté au Sénat ». Il souligne qu’un vote en CMP ne présage pas automatiquement d’un vote au Sénat : « Une abstention des centristes ici, le texte ne passe pas ».

Regardez Hervé Maurey :

Le Sénat pourrait avoir à se prononcer sur les conclusions de la CMP dès mardi prochain, le 9 novembre. Au groupe, Hervé Maurey parle « d’ambiance animée ». Selon certains sénateurs, la tonalité est pour le moment majoritairement au vote contre ou à l’abstention, lors du vote dans l’hémicycle. Et certains évoluent. Catherine Morin-Desailly par exemple, qui avait voté pour lors de la seconde lecture, n’exclut pas de s’abstenir. Catherine Ferat, comme d’autres sénateurs et sénatrices, se dit préoccupée par la question « de la parité ». La Modem Jacqueline Gourault s’inquiète aussi de ce texte qui « mécontente pour pleins de choses ». D’autres, qui s’étaient abstenus, pourraient voter cette fois contre. De quoi peser lors du vote. D’autant qu’à l’UMP aussi il manquera quelques voix. « Je continuerai de voter contre ce texte, comme je l’ai fait la dernière fois », assure Philippe Adnot. En juillet, le Sénat n’avait voté le texte qu’à 6 voix près.

Pour faire basculer ce vote qui s’annonce serré, « il y aura de nouveau des appels téléphoniques. De Michel Mercier (ministre de l’Aménagement du territoire et ancien président du groupe centriste, ndlr) ou d’autres », glisse un sénateur centriste. Le fond, comme des préoccupations plus politiques – près des trois quart du groupe est rééligible lors des sénatoriales – sont autant d’arguments pour faire pression. Gérard Longuet affirme lui-même qu’« il faudra les convaincre. C’est mon travail » (voir dans la première vidéo). « Les centristes font partie de mon intérêt attentif, et de mon affection permanente », explique-t-il, sourire à l’appui. Avant d’ajouter : « C’est mon rôle d’être confiant… Il m'arrive de me planter ! »

 
dominique
Et si on écoutait un peu les Français ? Je sais que ce n'est pas la stratégie du moment (réforme des retraites) mais tout de même... Quoi de plus proche de nos concitoyens, hormis le maire que je suis, que le conseiller général de leur canton ? Qui d'autre que lui peut se prévaloir d'un mandat de proximité et de terrain ? Et qu'est-ce donc que ce conseiller territorial qui devra à la fois gérer les problèmes de sa circonscription et ceux de la région qui, par définition, ne sont pas les mêmes ? On (le gouvernement) nous dit "économie" ? Mais ces assemblées territoriales comprendront alors plus de membres que les conseils régionaux actuels et il faudra alors bâtir de nouveaux amphis, de nouveaux bureaux... Et à la charge de qui ? De nous bien sûr... Mais soyons clairs, au travers du mode de scrutin, c'est une tentative grossière de la droite de reprendre pied sur le terrain alors qu'elle est largement minoritaire autant au niveau des départements que des régions... Et donc bientôt au Sénat ? Elle ne se pose même pas la question toute simple du "pourquoi?"... Tout cela est piteux et montre bien que l'écoute du peuple "d'en bas" provoque des ulcères à celui "d'en haut"... Ne nous laissons pas manipuler par ce simulacre de démocratie (rien que le mot les irrite) et faisons pression sur nos élus pour écarter cet épouvantail...

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