Retraites: «Si vous faites revoter l’article 4, il est possible de revoter sur l’ensemble» du texte

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Caroline Deschamps
Le 15.10.2010 à 12:55
Guy Fischer - Public Sénat
© Public Sénat

La séance sur la réforme des retraites a repris ce matin au Sénat avec un rappel au règlement du communiste Guy Fischer sur la bourde du sénateur centriste qui avait voté jeudi contre l’article 4 sur les modalités d’allongement  de la durée de cotisation. Un joli couac puisque l’article a été rejeté par 181 voix contre et 155 pour. Si bien que le gouvernement a demandé une seconde délibération.

L’occasion était trop belle pour l’opposition et notamment pour le groupe communiste au Sénat. Le sénateur communiste Guy Fischer a estimé que « chaque jour » charriait « son lot de provocations ». Et le sénateur du Rhône de les énumérer : « Il a d’abord eu la potion amère de Nicolas About (président du groupe Union centriste), on a eu l’évier bouché de monsieur Longuet, et il y a aujourd’hui les propos de monsieur Arthuis devant expliquer au Président de la République comment le groupe centriste en était arrivé à voter contre l’article 4 de ce projet de loi. Il a affirmé que c’était à cause de l’obstruction des sénateurs communistes ».

Guy Fischer ironise : « Franchement à vous croire, nous serions responsables de votre erreur et peut-être du réchauffement climatique ! Pour notre part, nous préférons voir dans le vote de monsieur Adrien Giraud, l’expression de son subconscient et nos débats l’ont convaincu de l’injustice de ce projet de loi ». Une sortie qui fait sourire sur  le banc des ministres, Eric Woerth et Georges Tron. »

« C’était une erreur et l’erreur est humaine »

Le sénateur s’en prend ensuite à l’attitude du gouvernement et de sa majorité qui « confisquent le débat aux organisations syndicales, aux parlementaires, aux jeunes (…) Vous ne supportez pas, que l’on rende à travers nos échanges, la parole à nos concitoyens, lesquels ne comprendraient pas que vous usiez d’un artifice réglementaire pour mettre un frein à nos échanges ».

Et Guy Fischer d’arguer non sans une pointe d’ironie : « Si vous faites revoter en fin de texte l’article 4, c’est qu’il est possible de revoter sur l’ensemble des articles du projet de loi, y compris sur le passage de 65 à 67 ans. »

Le sénateur conclut ensuite sur les incidents survenus jeudi entre jeunes et forces de l’ordre et sur le cas du lycéen de Montreuil blessé à l’œil.

Sur cette question, Eric Woerth prend la parole : « Tout incident est par nature, éminemment regrettable. En même temps, le nombre d’incidents est limité. Le ministre de l’Intérieur a fait parvenir un télégramme aux préfets afin d’être très vigilants ».

Après l’intervention du ministre, c’est au tour d’Adrien Giraud, le sénateur centriste de Mayotte à l’origine de la bourde sur l’article 4 : « Monsieur Fischer, je souhaiterais simplement vous dire que c’était une erreur et que l’erreur est humaine. » Mea culpa. L’incident est clos, le débat peut reprendre, jusqu’au prochain ?

 
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