Retraites : y a-t-il encore vraiment du « grain à moudre » au Sénat ?

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François Vignal, avec Elise Aicardi
Le 28.09.2010 à 17:34
woerth larcher - AFP
Eric Woerth, ministre du Travail, et Gérard Larcher, président du Sénat, aux journées parlementaires de l'UMP à Biarritz.
© AFP
Le Sénat s’empare de la réforme des retraites. Si quelques aménagements sont possibles, peut-être sur les femmes, ils resteront à la marge. La réforme n’est pas encore votée, que déjà, Xavier Bertrand réfléchit aux pistes futures : un système par point et une dose de capitalisation…

Après l’Assemblée, et avant un nouveau rendez-vous des opposants dans la rue samedi, la réforme des retraites arrive au Sénat ce mardi en commission. Après le « non ferme et tranquille » de Fillon vendredi, quelle marge de manœuvre reste-t-il aux sénateurs ? « Il y a du grain à moudre », assure ce matin Gérard Longuet, patron des sénateurs UMP, à la sortie de la réunion de son groupe qui accueillait le ministre de Travail Eric Woerth et Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP.

Avant l’examen du texte, la commission des affaires sociales s’est penchée ce matin sur le rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat. Elle recommande notamment le maintien à 65 ans de l’âge de départ sans décote pour les femmes ayant arrêté de travailler pour éduquer leurs enfants ou soigner leurs parents.

« Je ne sais pas si nous sortirons une mesure très concrète sur les femmes »

« Le problème de la retraite des femmes tient beaucoup à cœur le président Larcher. La retraite sans décote est un problème qui lui tient à cœur, sur lequel on s’échappera peut-être de la fameuse frontière des 65 ans. Mais sur ce point les choses ne sont pas réglées », affirme à la sortie de la réunion de groupe le sénateur Jean-René Lecerf.

Selon le rapporteur général des affaires sociales, l’UMP Alain Vasselle, le Sénat va « essayer de trouver une réponse » sur les femmes, « mais il faut bien la chiffrer ». Il prévient : « Je ne sais pas si nous serons en capacité de sortir une mesure très concrète »… « Au minimum un affichage dans le texte avec un rendez-vous qui imposera au gouvernement de nous apporter les éléments chiffrés qui nous permettront de prendre une décision assez rapidement ».

« Ce n’est pas la rue qui gouverne »

Eric Woerth explique que « les décisions ne sont pas prises » et attend le « débat » qui durera deux ou trois semaines au Sénat. « La situation des femmes est une situation qu’on doit prendre en compte. (…) Je l’ai toujours dit, le président de la République aussi », assure Eric Woerth. Le 21 septembre dernier le ministre du Travail rejetait pourtant l’idée d’un assouplissement concernant les mères de familles…

Problème, l’assouplissement sur les femmes pourrait bien buter sur l'article 40 de la Constitution. Il empêche tout parlementaire de proposer des mesures représentant un coût pour les finances publiques. De quoi limiter la portée des mesures. Au final elles risquent bien de rester à la marge.

A écouter les sénateurs, ce n’est pas non plus le niveau de mobilisation samedi qui risque de changer quelque chose. « Ce n’est pas la rue qui gouverne », selon l’un d’eux. « On n’a jamais rythmé nos propositions sur l’organisation de manifestations. (…) On n’est pas sous cette pression là », rappelle Eric Woerth. 

« Ce n’est pas une réforme pour solde de tout compte »

Pénibilité, handicap, travailleurs âgés, situation de certaines mères de famille… Voila les points sur lesquels le texte devrait évoluer. Le cœur de la réforme, 62 et 67 ans, ne bougera pas.

Et déjà, on pense à la suite. « Nous continuerons d’en parler, ce n’est pas une réforme pour solde de tout compte », prévient Gérard Longuet. En réunion de groupe, Xavier Bertrand a donné quelques pistes. « Il nous a fait part de sa réflexion sur le système notionnel, c’est-à-dire la retraite par points », raconte Jean-René Lecerf. Il ajoute : « On n’échappera pas à la réflexion sur ce système, qui s’accompagne d’une part de retraite par capitalisation. Il ne faut fermer aucune porte. Mais dans les années à venir, pas dans l’immédiat ». Selon le sénateur, « si on avance trop vite sur ce point, on risque de donner le sentiment que notre réforme ne suffit pas ». L’exécutif risque surtout une levée de bouclier des syndicats.

 
Jany
A lire tous ces commentaires, je vous fais part de MA TRES GRANDE DECEPTION DEVANT AUTANT D’INCOMPETENCE…. Je pensais que cette reforme avait été étudie dans le détail pour ne pas y revenir et voila qu’elle n’est pas finie, ELLE EST INCOMPLETE… C’est mon sentiment… Autant d’hommes politiques, autant d’éminents économistes, pour accoucher d’une souris et de plus aux forceps … C’est une honte…Comment accorder notre confiance a des hommes qui sont incapable de se responsabiliser…. Tout le monde savait que cette reforme était importante pour le devenir des français…Tout le mode le savait…. JE SUIS DECU… Pourquoi en dire plus, les mots ne suffiraient pas ! Bien cordialement,
Jany
"Selon le sénateur, « si on avance trop vite sur ce point, on risque de donner le sentiment que notre réforme ne suffit pas »." Malheureusement c'est ce qu'il me semble, la reforme est reellement incomplete, le gouvernement avait toutes les billes pour faire de cette reforme une reelle avancee sociale. JE SUIS DECU... Bien cordialement, jany
VL59500
Qui donc aura le droit de faire cela jusqu’à 67 ans ? Qui se lève à 5H du matin pour arriver avant les autres ? Qui participe aux fêtes en nettoyant les plats ? Qui rentre tous les soirs après 21 H à la maison ? Qui a les mains dans l’eau froide et la tête dans les courants d’air ? Qui respire le contenu des poubelles tout en les vidant ? Qui ne prend jamais de congés, ses deux employeurs (celui du matin et celui du soir) n’ayant pas le même calendrier ? Qui est soupçonnée en premier de toute malversation ? Qui se voit servir de test social en étant convoquée seule devant trois supérieurs (une contremaître, un cadre, un juriste venu en renfort) pour se faire imposer la signature d’un de ces nouveaux contrats de « séparation par consentement mutuel » ? La France est-elle une société de castes ? A quand la convention collective minimale ? Messieurs les Sénateurs, ne manquez pas une opportunité de créer un peu de justice, refusez les 67 ans !

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