Le Sénat adopte le projet de loi sur l'hospitalisation d'office

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Le 13.05.2011 à 18:58
L'hémicycle du Sénat - AFP
© AFP

Le Sénat a adopté vendredi en première lecture, par 172 voix contre 151 après un débat chaotique, le projet de loi sur l'hospitalisation d'office pour troubles mentaux, qu'il n'a finalement été modifié qu'à la marge.

L'Assemblée nationale a déjà voté en mars ce texte. Le débat sénatorial a été marqué par plusieurs rebondissements.

Le texte a d'abord été rejeté en commission après avoir été très largement réécrit sous la houlette de la rapporteure centriste Muguette Dini. Le texte examiné en séance a donc été celui voté par l'Assemblée nationale, et non celui de la commission.

Mme Dini a ensuite démissionné de son poste de rapporteur et pour ajouter à la confusion, la gauche s'est retrouvée majoritaire lors de la deuxième réunion de la commission, qui a donc donné un avis favorable à tous les amendements de l'opposition.

Finalement, après négociation entre l'exécutif et sa majorité, les centristes et les sénateurs UMP réservés sur l'une des mesures phares du texte - la possibilité de soins ambulatoires sans consentement - ont accepté cette disposition en l'encadrant légèrement.

Les sénateurs ont également donné la possibilité au juge des libertés de suspendre une hospitalisation d'office en faveur de soins ambulatoires sous contrainte. Ils ont également prévu « l'unification du contentieux » pour les hospitalisations d'office, mettant fin à l'éclatement entre juridictions judiciaires et administratives.

La majorité a voté ce texte sans enthousiasme, mais « dans un esprit de responsabilité », selon les termes de Marie-Thérèse Hermange (UMP).

Muguette Dini, également présidente de la commission des Affaires sociales,  s'est abstenue après avoir prononcé une charge sévère. « Ce texte n'améliore en rien la situation parfois dramatique des familles de malades face aux crises de leurs proches, les malades ne trouveront pas d'avantage d'amélioration de leur prise en charge, le travail difficile des élus locaux ne se trouvera pas davantage allégé », a-t-elle lancé.

La gauche a vivement combattu un texte également critiqué par l'ensemble des syndicats de psychiatres.

Guy Fischer (CRC-SPG, communistes et parti de gauche) a dénoncé un « texte profondément sécuritaire et de stigmatisation de la maladie mentale » tandis que Jacky Le Menn (PS) le qualifiait de « loi sécuritaire qui vient s'entasser avec d'autres lois sécuritaires ».

Ce texte a été voulu par le président Nicolas Sarkozy fin 2008 après le meurtre d'un étudiant à Grenoble par un malade enfui de l'hôpital.

Il prévoit une période d'observation obligatoire de 72 heures en hospitalisation complète avant le placement en soins sans consentement, mesure qualifiée de « garde à vue psychiatrique » par les opposants au texte.

L'hospitalisation d'office pourra être faite « en cas de péril imminent » sur la base d'un seul certificat médical.

Le texte comporte un contrôle judiciaire demandé par une décision du Conseil constitutionnel. Le juge des libertés se prononcera sur l'hospitalisation au bout de 15 jours, puis tous les six mois. Les conditions de la sortie des soins sans consentement sont durcies.

Le projet de loi va repartir pour une 2ème lecture devant les députés.

 
ledire
Il faut croire que j'étais sur une autre planète. Où se trouve le détail de ce texte SVP ? Dans mon esprit, cette loi devait préserver les affligés par la psychiatrie de contrainte de l'abus des recours à des substance chimiques dont les effets dits secondaires sont insupportables allant jusqu'à pousser aux suicide. Il semblerait donc qu'au mal on ajoute du pire. Sanofi Aventis peut se frotter les mains, les fabirquants de cerceuil aussi. LB

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