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Voile intégral : « le policier sera seul face aux problèmes »
Ce lundi 11 avril, la loi interdisant la burqa et le niqab dans l’espace public entre en vigueur. Pour Public Sénat.fr, Manuel Roux, Secrétaire général des Commissaires et des hauts fonctionnaires de la Police Nationale, évoque la mise en œuvre délicate de cette loi. Entretien.
La loi contre le voile intégral entre en vigueur aujourd’hui. Quelle est votre position sur le sujet ?
La loi est extrêmement difficile à mettre en œuvre. Cela fait deux ans et demi que le débat est très nourri sans que personne ne trouve de solutions pour le corps social. Maintenant, on demande aux policiers de réussir là où beaucoup d’autres ont échoué. On a placé le policier dans des impasses opérationnelles.
La loi interdit le niqab et la burqa dans les rues, les jardins, les cinémas, les restaurants, et les transports publics, et dans tout autre espace public. Comment se fera le contrôle sur le terrain ? Sera-t-il le même sur tout le territoire français ?
Il sera le même mais le policier s’adaptera entre une zone sensible et les beaux quartiers de Paris. La loi s’applique partout même si le policier agit avec discernement selon le lieu sur lequel il intervient. Ce sera avec beaucoup de prudence, de pédagogie, de douceur, de souplesse.
Luc Châtel, le ministre de l’Education Nationale, s’était opposé à la présence de femmes voilées lors des sorties scolaires. Est-ce aux établissements ou aux policiers de gérer le problème ?
Si c’est sur la voie publique (dans un musée, dans un centre commercial etc…), c’est aux policiers de gérer le problème. Le policier sera seul face aux problèmes.
Un « mode d’emploi » a été donné aux policiers. De quoi s’agit-il exactement ?
C’est une circulaire du ministère de l’Intérieur qui précise le mode opératoire, la façon dont un policier doit se comporter.
Toute contrevenante s’expose à 150 € d’amende et/ou à un stage de citoyenneté. Et si son mari ou son père la force à porter un voile, cet homme s’expose à 30 000 € d’amende et à un an de prison. Comment est-ce possible de vérifier la responsabilité de chacun ?
Honnêtement, c’est quasi-impossible, sauf si une fille ou une femme porte plainte contre son père ou son mari. C’est un délit prévu par la loi. Tout homme en question peut encourir jusqu’à un an de prison.
Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a précisé également qu’en cas de refus d’obtempérer, « le Procureur de la République intervient ». Pourriez-vous nous en expliquer les modalités ?
La loi prévoit qu’en cas utile (ndlr : lorsqu’il faut conduire l’intéressée au poste de police), le policier fasse appel au Procureur pour avoir des consignes judiciaires. Nous plaignons le Procureur : ce sera à lui de trancher.

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