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Juppé au Sénat : « La chute de Gbagbo interviendra inéluctablement »
Ce matin, Alain Juppé, le Ministre des Affaires Etrangères, et Gérard Longuet, le Ministre de la Défense ont été auditionnés par la commission des Affaires étrangères du Sénat. Les deux hommes se sont notamment prononcés sur le départ « inéluctable » du Président ivoirien.
10 heures : Alain Juppé commence par raconter l’exfiltration de l’ambassadeur japonais à Abidjan dans la nuit de mercredi à jeudi. Israël a également demandé à la force de la Licorne d’« exfiltrer ses diplomates », précise le patron du Quai d’Orsay. Gérard Longuet, quant à lui, tient à rappeler que sur le « millier d’hommes » défendant Laurent Gbagbo, 200 encadrent le Palais de la Présidence.
L’Onuci : une force de 2 250 hommes à Abidjan.
« Sur Abidjan, l’Onuci (ndlr : la force de l’ONU sur place) a environ 2 250 hommes, sur un effectif total en Côte d’Ivoire de 10 000. La France a porté ses effectifs Licornes à 1 700 », précise le Ministre de la Défense.
Aux sénateurs qui accusent l’Onuci d’être impuissante, le ministre des Affaires étrangères rétorquera plus tard qu’« elle patrouille dans la ville d’Abidjan pour éviter que les pro-Gbagbo sèment la terreur ».
Toutefois, l’objectif du gouvernement est clair : « faire en sorte qu’Alassane Ouattara s’installe au pouvoir et mène un gouvernement d’union nationale ». « 30 millions d’euros » ont été débloqués par Bruxelles le 17 mars pour la crise humanitaire, ajoute-t-il.
9 700 militaires français disponibles en Afrique
Gérard Longuet revient sur les effectifs de l’armée de terre française. 4 800 sont stationnés en permanence, 2 700 sont basés à Mayotte et à la Réunion, et 2 530 appartiennent à l’opération Atalante, chargée de veiller à la piraterie maritime dans l’océan Indien, détaille le ministre de la Défense.
Sur le plan budgétaire, il admet qu’il a fallu « réduire les effectifs quantitativement au profit d’une amélioration qualitative », avant de citer le chiffre de 900 millions d’euros pour le budget Armées de 2011.
La réunion du groupe de contact sur la Libye le 13 avril à Doha
Alain Juppé reprend la parole et annonce la tenue d’un sommet le 13 avril à Doha au Qatar sur la situation libyenne. « Une option qui apparait comme une issue inéluctable de la crise en cours », développe-t-il.
A ceux qui s’interrogent sur l’efficacité de la résolution 1973 (ndlr : la résolution adoptée à l’ONU sur la Libye), le ministre répond que l’ONU est le « bras séculier », s’assurant de « la protection des populations civiles. ».
Quid de l’Union Européenne ? Si l’Europe apparait comme une « ONG humanitaire », elle a une « position unanime sur l’usage de la force par Kadhafi », soutenant « ceux qui quittent le navire à Tripoli. » Son objectif avoué : « que le peuple libyen accède à la démocratie ».
Chevènement : « Admiratif devant la rapidité, interrogatif sur le déploiement »
Les parlementaires, en revanche, sont plus dubitatifs, à l’instar de Jean-Pierre Chevènement. Le sénateur RDSE de Belfort se dit en effet « admiratif devant la rapidité, interrogatif sur le déploiement », avant de critiquer BHL ce « philosophe autoproclamé (qui) a court-circuité le Parlement ».
Dans sa lignée, Robert Hue critique l’«image (de la France) qui ressort aujourd’hui ». Dominique Voynet, la maire de Montreuil, enchaîne : « Comment faire en sorte que les responsables de massacres soient traduits devant la Cour pénale internationale ? »
Face à ces questions, Alain Juppé réplique que « la totalité des pays africains soutiennent la France » et qu’« il n’est pas inquiet sur l’image ». A Benghazi, poursuit-il, « certes il y a des anciens ministres de Kadhafi, mais il faut les associer ». Sur la révolte syrienne, il juge que c’est « au peuple de construire son destin ». Plus tard, à l’adresse des sénateurs des Français établis hors de France, il déclarera que « le Conseil national de transition libyen ne veut pas de scission en Libye »
Le risque Khomeini
L’ancien Président du Sénat, Christian Poncelet, au contraire, n’est pas de cet avis, et dit craindre un Khomeini (ndlr : l’opposant au Shah d’Iran qui a pris le pouvoir en 1979). Ce à quoi le Ministre des Affaires Etrangères répond : « Khomeini était un islamiste déclaré, pas le Conseil national de transition qui affiche le principe de respecter les droits de l’homme ».
C’est ensuite au tour de Robert Badinter, l’ex-Garde des Sceaux, de rappeler l’épisode de Milosevic (ndlr : le responsable serbe accusé de génocide), à qui il avait été donné un « couloir de sortie. » Alain Juppé le contredit et lui explique qu’actuellement « le procureur lui-même de la CPI lance des investigations ».

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