Benjamin Sportouch le commentateur de france inter ferait la demonstration inverse si la majorité des ministres n'était pas des élus
L’UMP formule 45 propositions sur le numérique
« Faire du déploiement du très haut débit un grand projet national d’infrastructures, avec un pilotage national », « créer une matière spécifiquement dédiée à Internet et au numérique au collège et au lycée », « faire de la neutralité un objectif politique », « rendre plus effectif le droit d’accès aux données publiques », « créer une CNIL européenne ». Pour son projet 2012, l’UMP a émis 45 propositions relativement ouvertes sur le numérique, différant même parfois du gouvernement. Le parti majoritaire se réunit ce mardi après-midi pour en discuter lors d’une convention spéciale. Baptisée « Révolution numérique : le meilleur reste à venir », la convention traite de deux thèmes : comment le numérique peut-il améliorer nos vies et, le numérique, un gisement de croissance et d’emplois pour la France ? Selon Laure de la Raudière, secrétaire nationale en charge du numérique, « l’UMP souhaite mettre le numérique au cœur de la campagne présidentielle de 2012. » Quatre axes majeurs ont été dessinés par le parti majoritaire, parmi lesquels se situent les 45 propositions.
1) Le « grand chantier » de la neutralité d’Internet
Garantir la neutralité d’Internet partout et pour tous. « La neutralité du numérique est un objectif économique, politique et de société » (propositions 21 et 22), détaille Laure de la Raudière. L’UMP fait sa priorité de permettre l’accès au numérique à tous. Cela passe par exemple par le déploiement du réseau à très haut débit « sur tout le territoire d’ici à 2025 » (propositions 5, 8 et 25). Mais « ce déploiement doit-il forcément se faire via la création d’un grand opérateur national ? », questionne la secrétaire nationale. Pas forcément, puisque pour elle c’est grâce à « une bonne coordination de l’initiative privée et publique que ce projet sera optimisé ». De son côté, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé a relevé l’importance de la neutralité, insistant sur l’idée de pragmatisme. « Sur certains points, la gauche et la droite convergent. Le déploiement du numérique sur tout le territoire n’admet pas de posture idéologique, il faut être pragmatique. »
2) La lutte contre l’illettrisme numérique
Pour l’UMP, l’un des enjeux majeurs pour la société numérique est « la formation de toute la société aux outils et usages du numérique ». Cela passe par la formation des jeunes mais aussi par un soutien éducatif aux parents. « Quand on parle d’illettrisme, on fait surtout attention aux plus petits d’entre nous mais en matière de numérique, ce ne sont pas toujours les plus petits qui sont les plus nuls », remarque avec humour Jean-François Copé. Laure de la Raudière est très attachée à la mise en place d’une « approche technique, éthique et civique du numérique au sein de la famille, à l’école, dès la primaire » (propositions 9, 11, 12, 13 et 14). Cela passe par un développement du numérique à l’école, une réappropriation de cette technologie par les enseignants et même par les élèves et étudiants (propositions 15,16, 17, 18).
3) Le numérique pour « mieux vivre »
Le numérique peut être un vrai outil pour apporter des améliorations dans la vie quotidienne et pour l’UMP, doit être utilisé à cet escient. Télétravail, santé, aides aux personnes âgées, administration doivent être des services disponibles en ligne (propositions 26 à 31 et 35 à 41). « Le développement de ces nouveaux usages véhiculeront un progrès pour notre société », ajoute Laure de la Raudière, laquelle a également insisté sur l’open data comme enjeu stratégique. « Il faut rendre accessible les données publiques à tous les citoyens », ceci afin de permettre à l’Etat d’être transparent, d’améliorer les services et les politiques publiques (propositions 32, 33, 34). Pour autant, l’idée de protection des données personnelles n’est pas abandonnée : l’UMP préconise la création d’une CNIL européenne (proposition 43), souhaite harmoniser les conditions générales des sites Internet, notamment sur l’utilisation des données personnelles (proposition 42) et veut labelliser les entreprises respectueuses de la vie privée (proposition 44).
4) La France, comme leader mondial du numérique
« En matière de numérique, nous avons la chance d’avoir en France des compétences exceptionnelles. Mais c’est un domaine dans lequel nous pouvons encore progresser », avoue Jean-François Copé. Pour l’UMP, il s’agit de mobiliser les différentes forces en puissance (étudiants, chercheurs, universités, entrepreneurs) pour faire de la France l’un des pays les plus avancé en matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication (proposition 4). Ainsi, le parti préconise la création d’un « Small Business Act numérique » pour les TPE et PME françaises, c’est-à-dire de mettre à disposition des entrepreneurs tout un tas de services et statuts spéciaux en lien avec leur entreprise (propositions 1, 2, 3).
En somme, deux grosses ambitions pour l’UMP : « faire de la France un leader mondial de l’économie numérique et ne laisser aucune personne sur le bord du chemin du progrès du numérique. » Mais attention, signale Jean-François Copé, « le numérique commande de miser sur la responsabilisé des acteurs. On ne peut pas tout régler par la loi, la sanction, les punitions. Chacun est acteur de l’auto-régulation. » Malgré l’ouverture, Hadopi n’est pas très loin.

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