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Larcher va dîner avec son «ami» Borloo car «le centre doit être respecté»
Il y a aura du monde ce mercredi soir pour le grand dîner républicain organisé autour de Jean-Louis Borloo, à l’occasion du 105e anniversaire de loi sur laïcité. Chevènement, Montebourg ou Guaino sont invités. Gérard Larcher en sera également. « Ce sera un repas à l’ancienne. On débattra de tout. C’est aussi comme ça que s’est construit la République », souligne le président du Sénat, recevant la presse parlementaire ce jeudi matin.
Il souligne que sa présence n’a rien de surprenant : « Entre 2004 et 2007 (au gouvernement, ndlr), nous avons formés un binôme harmonieux. (…) Qu’un radical centriste rencontre un gaulliste social, c’est normal ». L’occasion de « partager nos réflexions autour de la République, de la cohésion sociale, de la laïcité… sans adjectif. Ni positive, ni négative », a la différence de celle prônée par Nicolas Sarkozy. Un chef de l’Etat que le président du Sénat soutiendra « s’il se présente. Et je pense qu’il sera candidat ». Pronostic de Gérard Larcher : « Je pense que Nicolas Sarkozy a de bonnes chances d’être élu ».
« Le jour venu, Villepin pourra avoir une puissance d’appoint »
Ménageant tout le monde, Gérard Larcher salue son « ami » Borloo et souligne sa « relation très proche avec François Fillon ». « Je n’ai aucun problème à conjuguer les deux ». La présence de Gérard Larcher au dîner est aussi l’occasion de montrer « que le centre doit être respecté dans la vie politique française » après un remaniement source de mécontentement pour les amis de Borloo et Morin. Un centre qu’on retrouve aussi à l’UMP. Pour son discours samedi lors du conseil national du parti majoritaire, Gérard Larcher défendra une « UMP rassemblée et qui laisse la place à la diversité ».
Et Villepin, un centriste ? « Non ». « Il est plus dans la passion. Je suis dans la raison. On n’est pas sur la même planète ». Conciliateur, Gérard Larcher croit que « le jour venu, il pourra avoir une puissance d’appoint ».
« Débats extrêmement serrés sur un certain nombre de textes »
En vue de cette année 2011, Gérard Larcher brosse un tour d’horizon des sujets qui occuperont le Sénat. La Haute assemblée sort à peine de l’examen du budget, parfois mouvementé, que le président du Sénat annonce déjà des « difficultés » et « des débats extrêmement serrés sur un certain nombre de textes sur les libertés publiques, individuelles et de sécurité ». Avant le retour, en seconde lecture, du texte sur la sécurité intérieure Loppsi 2, Gérard Larcher rappelle que « le Sénat avait apporté des avancées » lors du premier examen dans l’hémicycle. Le texte sur l’immigration sera aussi étudié de près par les sénateurs.
Il annonce un premier débat en février en séance publique sur la dépendance, gros chantier à venir. Les questions seront nombreuses, dont celle du financement. Parmi les différentes pistes, celle « d’une deuxième journée (de solidarité) ? », se demande le président du Sénat.
Propositions sur les normes à supprimer
Autre annonce : un rapport sur les normes. Nicolas Sarkozy répète à l’envie – c’était le cas au congrès de l’Association des maires de France – qu’il ne faut plus créer de nouvelles normes sans réellement en étudier les conséquences. « Je l’ai pris aux mots. Je lui ai proposé que dans les deux mois le Sénat évalue les normes existantes », explique Gérard Larcher. Le 15 janvier, les normes (urbanisme, environnement, crèches, etc) seront recensées. Le 15 février un rapport proposant des suppressions ou des évolutions sera adressé au Président et au premier ministre.
Revenant sur la seconde délibération demandée par le gouvernement sur l’abattement pour les particuliers-employeurs, « le président du Sénat a exprimé au gouvernement qu’il ne fallait point en abuser », a glissé Gérard Larcher.
« Assez serein » pour les sénatoriales
Autre gros sujet pour 2011 : la réforme fiscale promise par Sarkozy. Sur ce point, Gérard Larcher lance : « Attention. D'abord, tout n'est pas comparable avec l'Allemagne. N'attendons pas l'alpha et l'omega d'une comparaison, même si c'est très important. (…) Quand on inclut la CSG, nos niveaux de prélèvements sont au taquet élevé ». Et d’ajouter que « les Français ont le sentiment que le bouclier fiscal, c'est inéquitable ». Annonçant là aussi « un débat public en séance », le président du Sénat souligne que la réforme « ne peut pas être qu'une affaire de commissions des Finances et de cinq spécialistes qui débattent entre eux depuis des années »… Philippe Marini, rapporteur général de la commission des finances, et son président Jean Arthuis apprécieront.
Côté réforme des collectivités territoriales, si le bloc communal est « le grand gagnant », reste la question de la suppression de la taxe professionnelle. Si l’Etat s’est porté garant de son remplacement à l’euro près en 2010, les collectivités sont plus dans le flou pour la suite. Et « le brouillard est contre-productif », souligne Gérard Larcher, qui « souhaite qu’on ait des phares antibrouillards ». C’est peut-être préférable, en vue des sénatoriales. Sur ce point, le Président du Sénat, après des « contacts avec un certain nombre d’élus, y compris divers gauche », se dit « assez serein ».

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